Phonophani

Animal Imagination

(Hubro / Outhere Distribution)

 date de sortie

09/06/2017

 genre

Electronique

 style

Electronica

 appréciation

 tags

Electronica / Hubro / Phonophani

 liens

Phonophani
Hubro

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Avec un album tous les six ou sept ans, on ne peut pas dire que Phonophani encombre les étagères de nos bibliothèques ou occupe abusivement ces pages. Le retrouver est donc gage d’intérêt et de surprises, surtout lorsqu’on apprend qu’avec cet Animal Imagination (publié sur Hubro, le musicien ayant délaissé Rune Grammofon), Espen Sommer Eide revient à des rivages intégralement électroniques, et aux productions qui ont fait sa renommée au tournant du siècle. Sous cet aspect, Firmamental, placé en fin de long-format, renoue habilement avec ce passé : nappe d’arrière-plan toute en souffles et grésillements, notes percussives mises en avant et évolution perpétuelle.

Dans la foulée de ce que l’intitulé de l’album laisse entendre, le Norvégien annonce avoir composé certains morceaux du disque en « frappant son clavier avec ses pattes ». Pas étonnant, dans ce contexte qu’on éprouve à plusieurs reprises le sentiment d’entendre quelque chose d’assez foutraque et désordonné, mais nettement moins structuré que ce qu’on pouvait connaître de sa part. En outre, sur certains titres se déployant sur plus de dix minutes, on frôle le trop-plein, voire l’indigestion, face à des suites de notes et éléments aigus et heurtés (le morceau-titre et, plus encore, End Of All Things III). Dans ces moments-ci, on a même l’impression que Phonophani teste la résistance des auditeurs et leur capacité à supporter les fréquences et déferlements ainsi livrés, d’autant plus que l’évolution de ces morceaux est, finalement, plutôt limitée.

En creux, on serait alors presque tenté d’y préférer les formes brèves, voire très brèves : les quatre-vingt-trois secondes de Mud Boat dans lesquelles une basse sourde dialogue avec des composants plus aigus ou bien les deux minutes quarante-trois d’A Dark, Sharp, Heartless et ses poussées sonores. Ramassé, le propos se tient davantage et fait davantage sens, constats qui font parfois défaut aux autres pistes de l’album. Pour le reste, on saluera toutefois, à l’évidence, la capacité d’Espen Sommer Eide à revenir à des thématiques et des techniques qu’il maîtrise assurément, comme ce savant jeu sur la stéréo, cette faculté à faire sonner son électronique comme une voix humaine (I Have No Subconscious) et, surtout, cette coloration si particulière et si personnelle de ses matériaux.

François Bousquet
le 23/08/2017

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