Lärmheim

Cent Soleils

(Autoproduit / Internet)

 date de sortie

01/10/2015

 genre

Electronique

 style

Expérimental / Noise

 appréciation

 tags

Autoproduit / Expérimental / Lärmheim / Noise

 liens

Lärmheim

 autres disques récents
Giulio Fagiolini
Dietro A Un Vetro
(Home Normal)
Crisopa
Transhumante
(Sound in Silence)
Celer
Akagi
(Two Acorns)
Bauri
Vinkelvolten (EP)
(FireScope Records)

Nouvelle découverte avec cette fois un album autoproduit, mais avec une certaine exigence puisque celui-ci est à la fois disponible en CD et vinyle, et bien sûr en téléchargement. Lärmheim est le projet de Henri de Saussure, né à Genève, qui a grandi en étudiant les percussions à Genève, puis le jazz à Lausanne avant d’arriver à Berne pour s’ouvrir à la musique classique contemporaine et à la compositions de musiques électroniques. Avec ce premier album sans concessions, Lärmheim met la barre haute et s’adresse aux amateurs de musique avertis.

En effet, dès les premières secondes on se rend compte que ce disque sera difficile a mettre entre toutes les oreilles et on se demandera même un temps si c’est le genre de disque dont nous allons parler sur ces pages. Extrêmement abstraites, les 3mn de One Second Before the Most Blinding Light of All sont un amas de sonorités électroniques brutes, brèves, concassées, dures, sèches et assénées avec force avant de s’achever sur un long tourbillon de basses.
Avec ses 13mn, Deadeye offre une toute autre image de l’artiste. C’est un titre riche qui s’ouvre sur des coups et frottements métalliques, des textures bruitistes qui laissent brutalement la main à des flottements de violons, une lente montée qui s’achève sur un violent mitraillage électronique avant d’enchaîner sur la seconde partie. Cette fois la douceur est de mise avec une ambient timide et mélodique, ponctuée par des glitchs de plus en plus présents annonçant l’explosion rythmique. Encore une fois le son est sec et brut. Lärmheim compose ici une rythmic-noise mélancolique qui révèle toute sa beauté et sa puissance dans les dernières minutes avec l’adjonction d’une superbe mélodie.

La suite (10 pistes au total) est logiquement un mélange de ces deux univers, avec toutefois une nette dominante pour le versant expérimental, ou plus globalement rythmic-noise à la Pan Sonic comme ce Trommelgraben combinant coups sourds et crissements en réponse. Sinon l’album est un mélange de crissements, de mitraillages ludiques (Werkstatt Cysp), bourdonnements et breakbeats (Streichgraben) et de mélodies nasillardes (Faurmanter). Dans le genre expérimental, notre coup de cœur se portera sur le magnifique Alctrines qui ravira à coup sûr les fans de Colin Stetson à qui se titre semble rendre hommage. Pas très éloigné, on citera également Werkstatt Fulx dans un style plus fluide et un son plus électronique.
Tout comme Deadeye en début d’album, on terminera avec VideoGameSoundtrack dont le titre laissait déjà présager d’un changement de style. Ici aussi donc les mélodies sont mises en avant, croisées à de arpèges accrocheuses, des percussions sans concession, des effets de filtres et des cassures pour relancer la machine, bref, du pur plaisir.

On ne peut pas faire l’impasse sur le caudal Rumori Danza qui d’une part adopte un ton plus rock avec l’intervention d’une batterie et qui après quelques minutes de silences dévoile un titre caché de piano solo. Un superbe album, du très beau travail, mais si on devait mettre un petit bémol (parce finalement il y a toujours un petit truc à améliorer) on le situerait sur l’équilibre entre les séquences expérimentales et les passages les plus mélodiques qui penche un peu trop sur l’expérimentation.

Fabrice ALLARD
le 18/08/2017