T’ien Lai

RHTHM

(Monotype Records / Import)

 date de sortie

00/10/2015

 genre

Electronique

 style

Expérimental / Krautrock / Psyché Rock / Progressif

 appréciation

 tags

Expérimental / Krautrock / Monotype Records / Progressif / Psyché Rock / T’ien Lai

 liens

Monotype Records
T’ien Lai

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T’ien Lai est le projet de deux polonais, Jakub Ziołek et Łukasz Jędrzejczak, auteurs sous ce pseudo d’un premier album, Da’at, déjà publié par Monotype Records en 2013. On les découvre avec ce deuxième album alors qu’ils sont par ailleurs actifs dans de nombreux autres projets. C’est plus particulièrement le cas de Jakub Ziołek qui selon les formations explore autour du drone, du krautrock et autres psyché-rock.

Si avec son titre, RHTHM s’annonce comme un album basé sur un travail rythmique ou de percussion, on se rendra vite compte que la notion de rythme pour les deux musiciens est un peu plus complexe. Chez eux le rythme naît de boucles, d’effets de pulsations, sans avoir nécessairement besoin de convier des percussions, mais sans s’en interdire l’usage non plus.
Après une introduction particulièrement expérimentale, bruitiste avec ses tonalités crissantes et consonances industrielles (FX6), voici qu’on est porté par les arpèges synthétiques de SMZS II. La douceur est ici de mise jusqu’à l’adjonction d’une guitare basse, de percussions, et d’un chant aérien qui nous amène à un math-rock psychédélique du plus bel effet, et on reste sur un style proche avec Piknik Nas Rzeką Ma qui intègre samples vocaux d’un film français et improvisations de cuivres.

L’album est assez équilibré entre les pièces qui mettent en avant une approche rock, avec guitares et batterie en avant, et une autre plus électronique dans lesquelles les machines déroulent leurs boucles et arpèges. On retrouve en fin d’album quelques titres qui flirtent avec un post-rock sombre et expérimental (Słońce Wstaje Nad Melillą) et le math-rock nerveux du caudal RHTHM sur lequel cette rythmique typique se fait accompagner de strates de guitares rugueuses et de riffs grinçants.
Si vous êtes plus portés sur les sonorités électroniques, alors on vous dirige tout de suite vers W D et ses boucles d’orgues entêtantes. Ici on pense plutôt au minimalisme de Steve Reich mais sur le fond, le duo polonais serait plutôt à rapprocher des projets du suédois Markus Hulthén (Mackaper, Skymningslandet) avec qui il partage ce goût pour des teintes 70s, alliant kraut et psyché-rock. Si l’on trouve encore une certaine douceur dans les arpèges de Wurst, l’univers de T’ien Lai reste tout de même assez torturé sur le technoïde et tribal Monotronik construit sur des ronronnements de machines, et le plus abstrait et expérimental Braslai qui parvient tout de même à croiser percussions kraftwerkiennes et envolées de guitares prog-rock.

Au bout du compte, RHTHM apparaît comme un album attachant. C’est un peu un OVNI, les deux musiciens touchent à une multitude de genres et parviennent à se les approprier pour créer un univers bien singulier dans lequel beaucoup d’amateurs devraient finalement s’y retrouver.

Fabrice ALLARD
le 21/08/2017

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