Daniel Dewar & Grégory Gicquel : Le Nu et la Roche

 date

du 01/07/2017 au 01/10/2017

 salle

HAB Galerie,
Nantes

 appréciation
 tags

Daniel Dewar et Grégory Gicquel / HAB Galerie

 liens

HAB Galerie

 dans la même rubrique
du 06/09/2017 au 09/12/2017
Perpetual Construction
(CAB)
du 04/09/2017 au 10/11/2017
Les Bons Sentiments
(Fondation d’entreprise Ricard)
du 19/06/2017 au 05/11/2017
Des Mondes Aquatiques #2
(FRAC Aquitaine)
du 11/11/2016 au 27/08/2017
Stéphane Thidet : Désert
(Abbaye de Maubuisson)

Dérogeant au principe voulant que l’exposition estivale soit consacrée à l’un des artistes ayant une œuvre incluse dans le parcours « Estuaire », la HAB Galerie propose, pour cette saison 2017, une monographie consacrée à Daniel Dewar & Grégory Gicquel. Alors que nous étions restés sur une légère déception avec leur travail réalisé à l’occasion de la réception du Prix Marcel-Duchamp en 2014, apprendre que l’espace nantais leur offrait la possibilité de dédier toute sa superficie à leur travail sculptural laissait augurer une proposition nettement plus enthousiasmante.

JPEG - 91.2 ko
Vue de l’exposition

De fait, ce volet de leur carrière a donné quelques belles réussites par le passé, permettant notamment de se confronter à différents types de roches comme matériaux initiaux. Ici encore, c’est cette adéquation entre substance et sujet qui frappe, subtile cohérence qui les voit opérer un dialogue fécond avec leur base de départ. C’est ainsi qu’un crabe géant peut émerger d’un bloc de grès rose en constatant que la coquille de l’animal s’approche de celle du grès (Crab), une combinaison de plongée être taillée dans du grès de Fontainebleau, pierre formant des petits abcès comme ceux qu’on trouve au fond de l’océan (Waders), un gisant être réalisé dans de la dolérite, pierre noire évoquant la mort (Recumbent Effigy - Commission for a Tombstone for the Cimetière Montparnasse) ou encore des scènes de salle de bain travaillées à partir de marbre rose, élément fréquemment utilisé pour ornementer ces pièces (série Nudes).

Avec presqu’autant de sculptures produites spécifiquement pour cette édition du Voyage à Nantes que de réalisations antérieures, l’exposition assure donc une pertinente continuité dans la carrière des Français et marque également par son humour. En témoignent la manière de répondre à la commande pour un gisant (le défunt est représenté dans sa combinaison de plongée) ou bien les GIFs animés enchaînant quatre ou cinq prises de vue de sculptures différentes alors saisies de mouvement (notamment le très réussi Le Menuet). Dewar et Gicquel ont enfin su tirer profit de leur expérience aux côtés des œuvres du maître à l’occasion de leur exposition dans les jardins du Musée Rodin : la présentation nantaise joue, en effet, sur l’espace entre les statues, comme si le visiteur circulait dans un parc ou une présentation d’art classique. Au reste, la minutie et la précision des sculptures, comme la volonté de mettre le matériau en majesté en conservant systématiquement un bloc brut à l’arrière de leurs réalisations ancrent également les Français dans ce classicisme.

François Bousquet
le 01/09/2017

À lire également

du 11/06/2010 au 05/09/2010
Dynasty
(Musée d’Art Moderne de (...))
du 12/10/2013 au 05/01/2014
De Leur Temps (4)
(HAB Galerie)
du 28/03/2015 au 24/05/2015
Ouverture pour Inventaire
(HAB Galerie)
du 10/02/2017 au 23/04/2017
Thomas Huber : L’Imaginati
(HAB Galerie)