Powertrio

Di Lontan

(Shhpuma / Internet)

 date de sortie

03/11/2015

 genre

Electronique

 style

Contemporain / Expérimental / Electroacoustique

 appréciation

 tags

Contemporain / Electroacoustique / Expérimental / Powertrio / Shhpuma

 liens

Shhpuma
Powertrio

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Régulièrement sollicité par le label portugais Shhpuma, nous n’en avons jusque là jamais parlé, trouvant leurs productions un peu en dehors de notre scope puisque cette structure est essentiellement portée sur un croisement entre jazz et musique contemporaine, tout en intégrant généralement une discrète composante électronique. Des productions très expérimentales donc mais on trouvera que cet album sort un peu du lot en se plaçant davantage du côté des musiques classiques contemporaines.

Comme son nom le suggère, Powertrio est un trio composé de Eduardo Raon (harpe, idiophone et électronique), Joana Sá (piano et idiophone) et Luís José Martins (guitare, idiophone et électronique). À noter que les trois musiciens sont déjà auteurs de plusieurs productions pour le label Shhpuma que ce soit en solo ou sous forme de collaborations.
Cet album est divisé en 4 pièces dont 3 sont composées par Powertrio, alors que Di Lontan Fa Specchio il Mare a été composée par Constança Capdeville. Née à Barcelone, Constança Capdeville (1937-1992) s’est ensuite installée au Portugal en tant que pianiste, enseignante, composant à la fois pour le théâtre et le cinéma. Difficile de dire dans quelle mesure la pièce originale a été adaptée par le trio, mais l’écoute de l’album est fluide et fait preuve d’unité.

Avec À flor do mal l’album s’ouvre sur un jeu de cordes pincées et frappées, des notes pointillistes qui semblent former des boucles montantes et descendantes, subissant des accélérations et répétitions. Des constructions brèves et prévisibles qui s’enchaînent de façon imprévisibles, donnent à cette pièce cette touche contemporaine, légèrement jazzy sur la fin. Mais c’est surtout O nervo e a outra dança qui nous donna envie de parler de cet album. Une longue pièce qui s’ouvre sur de longs glissements de cordes graves façon contrebasse, fracas métalliques et piano rebondis. Une pièce contrastée qui alterne entre grondements et quasi silences, avec parfois des ébauches mélodiques qui touchent au sublime en alliant délicats sifflements et guitare tendue.
C’est justement ce type de sonorités et de combinaisons que l’on retrouve dans l’adaptation que le trio à fait de la pièce de Constança Capdeville. Résonances métalliques, piano délicat, guitare fine, on pense à des gouttelettes d’eau qui tombent, le tout dégageant une impression de mystère. Le dernier titre, Divertimento, est aussi le plus court. On retrouve ici un style proche de l’ouverture de l’album, permettant au trio de refermer un écrin qui recèle de très beaux moments.

On conseille donc vivement à tout amateur de musiques classiques contemporaines.

Fabrice ALLARD
le 02/09/2017

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