Les Bons Sentiments

 date

du 04/09/2017 au 10/11/2017

 salle

Fondation d’entreprise Ricard,
Paris

 appréciation
 tags

Caroline Mesquita / Fondation d’entreprise Ricard / Lola Gonzàlez / Pauline Curnier Jardin

 liens

Fondation d’entreprise Ricard

 dans la même rubrique
du 06/09/2017 au 09/12/2017
Perpetual Construction
(CAB)
du 19/06/2017 au 05/11/2017
Des Mondes Aquatiques #2
(FRAC Aquitaine)
du 01/07/2017 au 01/10/2017
Daniel Dewar & Grégory Gicquel : Le Nu et la Roche
(HAB Galerie)
du 11/11/2016 au 27/08/2017
Stéphane Thidet : Désert
(Abbaye de Maubuisson)
JPEG - 65.2 ko
Vue de l’exposition

Comme l’an passé, la sélection du Prix Fondation d’Entreprise Ricard fait un petit écart avec son propre règlement puisque Caroline Mesquita se trouve à nouveau présente, après avoir déjà fait partie de l’exposition collective de 2013 et qu’on croyait qu’il était interdit de procéder à une telle redite. Un phénomène semblable s’était déjà produit, outre en 2016, justement en 2013, où Lily Reynaud-Dewar obtint le Prix pour sa seconde participation, exactement ce qui arriva cette année à Caroline Mesquita, venant jeter un léger voile sur cette distinction. Dans une présentation curatée par Anne-Claire Schmitz, directrice de La Loge, lieu bruxellois d’art contemporain, et concentrée sur six artistes, l’œuvre de Caroline Mesquita se fait, d’ailleurs, plus imposante que ne l’étaient ses structures d’acier de 2013. De fait, les quatre motos exposées dans la salle du fond de la Fondation, réalisées à partir de matériaux récupérés et censées figurer un diamant, une flèche ou une méduse, se situent dans la continuité de sa carlingue d’avion qui occupait tout l’espace de ce même lieu il y a quelques mois. Entre réalisme et tentative narrative, ces sculptures transforment habilement les matériaux de départ.

Dans la salle précédente, Thomas Jeppe occupe majoritairement l’espace, avec un entrelacs de portiques métalliques au milieu duquel le spectateur est invité à s’intéresser au travail de Low Jack (musicien électronique, vu il y a quelques mois en concert, du reste) et au chanteur d’opéra Manuel Garcia. Dans un tel contexte, le wall drawing de Zin Taylor peine à exister véritablement, un peu écrasé par ces autres propositions, à la différence des deux vidéastes sélectionnées. Déjà chroniquées sur ces pages, Pauline Curnier-Jardin et Lola Gonzàlez bénéficient d’une belle visibilité, notamment la seconde qui n’en finit plus d’aligner expositions, participations à des monstrations collectives et prix (Prix Meurice pour l’art contemporain en 2016, par exemple). Ici, deux des trois vidéos avaient déjà été évoquées lors de sa monographie au Crédac à l’hiver dernier (Rappelle-toi de la couleur des fraises, sur ce couple ramassé sur la grève et Veridis Quo, sur cet entraînement à l’arme à feu d’un groupe de jeunes). Reste donc Les Anges, toute récente production de la jeune femme, réalisée à Los Angeles et mettant à nouveau aux prises des jeunes gens évoluant sans but véritable, dans une atmosphère à la fois inquiétante et étrange.

JPEG - 57.1 ko
Vue de l’exposition

Pour sa part, Pauline Curnier-Jardin poursuit son exploration des mythes et fables puisqu’après Demeter (pour son exposition à Gennevilliers en 2014), elle s’attache à un cérémonial de village dans lequel bébés, billets de banque et icônes religieuses sont portés en triomphe. Tourné en super-16, pour être ensuite projeté sur un très grand écran, Explosion Ma Baby joue sur sa difficulté à saisir son sujet comme sur sa profusion (de couleurs, de sons, de plans). Enfin, le duo Deborah Bowmann se positionne au début du parcours avec deux sculptures-présentoirs, destinés, par ses bleus rois, ses colonnes et fenêtres, à mettre en valeur des écharpes et foulards de couleurs. Quand on apprend que ces derniers sont, comme les sculptures en question, signés du créateur de mode Philippe Gaber, on se dit, pour faire un jeu de mots facile avec le titre de l’exposition, que la proposition partait certainement d’un « bon sentiment », mais s’est faite rattraper par le marché.

François Bousquet
le 25/10/2017

À lire également

du 12/10/2012 au 17/11/2012
Évocateur
(Fondation d’entreprise)
du 08/04/2010 au 12/05/2010
Ariane Michel : Paléorama
(Fondation d’entreprise)
du 1/12/2008 au 10/1/2009
Phoenix vs Babel
(Fondation d’entreprise)
du 04/09/2012 au 22/09/2012
The Mystery Spot
(Fondation d’entreprise)