V/A

Ten Years ICST

(Domizil / Metamkine)

 date de sortie

00/01/2016

 genre

Electronique

 style

Expérimental

 appréciation

 tags

Domizil / Expérimental / Jasch / Marcus Maeder / Martin Neukom

 liens

Jasch
Domizil
Marcus Maeder
Martin Neukom

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L’ICST (Institute for Computer Music and Sound Technology) regroupe des artistes, scientifiques et étudiants travaillant dans des domaines variés allant des mathématiques à la composition musicale en passant par l’enregistrement audio, l’informatique ou encore l’art génératif (conception d’oeuvres artistiques par des algorithmes). Ce disque produit à l’occasion des 10 ans de cet institut est une collection de travaux réalisés dans le cadre d’une résidence à l’ICST. Si l’on peut être surpris que le label produise cet album, on le comprend mieux en réalisant que la plupart des artistes déjà publiés par Domizil sont en fait membres de cet institut. Les deux structures sont donc très proches.

Comme on peut s’y attendre, il s’agit là d’un album extrêmement expérimental, mais aussi plutôt varié étant donné la richesse des profils des artistes présents. C’est aussi l’occasion de découvrir de nouveaux musiciens aux côtés de Marcus Maeder ou Martin Neukom dont nous avons déjà eu l’occasion de parler.
Difficile de traiter de ce genre de production, particulièrement abstraite et qui brille par son absence de mélodies ou de rythmiques. On trouve ici essentiellement une succession de bruitages, parfois traînant en longueur, mais qui pour la plupart sont brefs et s’amoncellent dans un fourmillement frénétique aux teintes métalliques à l’image du Partikel, vernetzt de Philippe Kocher. Cet aspect métallique est un élément que l’on retrouve chez la plupart de ces artistes et German Toro-Pérez utilise a peu près le même vocabulaire sur son Rothko IV en accompagnant ses frétillements métallisés d’une sorte de chuintement de cymbale, probablement joué à l’envers et en optant pour une composition qui nous fait penser à des musiques improvisées.

Marcus Maeder et Martin Neukom ensuite font tous les deux preuve d’un certain minimalisme avec un son plus clairement électronique même si le souffle que l’on perçoit derrière les nappes de Harman’s Object peuvent faire penser à un frémissement de cymbales. Sur Studie 21.2, Martin Neukom joue sur une tonalité frétillante que l’on rapprochera d’un piaillement d’oiseaux.
Ce disque est aussi l’occasion de retrouver Jasch, déjà croisé sur dOc Recordings et qui sort nettement du lot avec une pièce certes expérimentale, mais qui sur son dernier tiers fait appel à une voix : murmures, onomatopées, soupirs traduisant toute une palette d’émotions avant de terminer sur un joli chant.

Le dernier tiers de l’album nous apparaît un peu plus calme, plus posé, nous donnant presque envie de parler d’ambient. Une ambient un peu particulière bien sûr, expérimentale, toujours ponctuée d’abstractions, croisement de sonorités abruptes et vintages sur le Procep de Bojan Milosevic. De son côté Dimitris Maronidis peut surprendre avec des explosions brutales, des fourmillements rapides tout en prenant le temps de calmer le jeu et de contempler par moment une sonorité sur la longueur. Un travail finalement assez proche du Antipodean Rim de Jeroen Visser qui pose des sonorités fourmillantes et frétillantes sur des souffles et textures linéaires et granuleuses.

Un disque difficile d’accès donc, que l’on conseillera à un public averti, curieux, qui trouvera aussi beaucoup d’informations dans le livret puisque chaque artiste y explique son travail.

Fabrice ALLARD
le 09/10/2017

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