Ogres

 auteur

Yann Verburgh

 metteur en scène

Eugen Jebeleanu

 date

du 22/09/2017 au 07/10/2017

 salle

Théâtre Ouvert,
Paris

 appréciation
 tags

Théâtre Ouvert / Yann Verburgh

 liens

Théâtre Ouvert

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Si, régulièrement, au gré des avancées politiques octroyées (ou promises) à la communauté LGBT, l’homophobie refait surface, elle se manifeste nettement plus durement dans d’autres pays. En France, malgré tout, les brimades et agressions continuent de perdurer, comme celle qu’a subie un jeune homme dans un bois près de Rouen en septembre 2009, laissé pour mort après avoir été torturé et brûlé vif. C’est de ce crime qu’est parti Yann Verburgh pour composer Ogres, sorte de panorama de l’homophobie (plus ou moins) ordinaire à travers le monde.

De l’Iran à la Russie, du Brésil à l’Ouganda, une trentaine de scènes nous met face à cette réalité, avec ses mots crus, ses insultes et humiliations. Résolument, la pièce s’attache aussi bien aux actions privées (le crime rouennais) qu’à l’homophobie institutionnalisée (exécution d’un couple de garçons en Iran, vote d’une loi appelant à dénoncer les homosexuels en Ouganda, apparition de la figure de Poutine), aux combats menés par les principaux concernés qu’aux petites renonciations ou compromissions (la dispute d’un couple brésilien sur la manière de s’habiller pour ne pas se faire repérer) et c’est par cette vue transversale qu’elle frappe.

Alors que la contextualisation se trouve limitée à des affichages de lieux et de dates en surtitre, la pièce se veut ouvertement universaliste, poussant parfois ce désir à être un peu trop surligné : décor réduit à sa plus simple expression, tenues inchangées ou presque, absence de prise d’accents ou de grimaces par les comédiens, première scène narrant l’assassinat d’un lycéen états-unien dit par une comédienne à la première personne, etc… Sobre et directe, la mise en scène d’Eugen Jebeleanu opte donc pour une frontalité sans véritable filtre, ni moments de répit, hormis trois chansons (au début, au milieu et à la fin) interprétées en direct par une comédienne, dont l’apport ne se fait pas véritablement convaincant, à l’image de l’évidemment tristement ironique What A Wonderful World.

Si cette mise en lumière de l’homophobie s’avère naturellement pertinente, la proposition peut également apparaître comme assez univoque à partir du moment où il est postulé, à raison cela va sans dire, que l’homophobie et les agressions à l’égard des personnes LGBT sont condamnables. Plus généralement, au sortir de la pièce, on se demande à qui elle s’adresse. De fait, les homophobes ne viendront pas la voir et, de toute façon, ne se considèrent pas comme tels ou n’y identifient pas là une difficulté. Le public qui s’y rend, et qu’assurément l’homophobie révulse, étant donc déjà convaincu et acquis d’avance, il faut compter sur la circulation de la parole ou l’engagement postérieur de ces spectateurs. Quoiqu’il en soit, documenter ces discriminations revêt une forme de nécessité bienvenue.

Autres dates :
-  12 octobre 2017 : ARCUB Gabroveni - Bucarest
-  mars 2018 : Théâtre de Vanves
-  30 mars 2018 : Théâtre Joliette - Marseille
-  24 et 25 mai 2018 : Étincelle - Rouen

François Bousquet
le 29/09/2017

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