Perpetual Construction

 date

du 06/09/2017 au 09/12/2017

 salle

CAB,
Bruxelles

 appréciation
 tags

CAB / Jordi Colomer / Katinka Bock / Nina Canell / Oscar Tuazon / Thea Djordjadze

 liens

CAB

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Troisième volet d’un « dialogue avec la Maison Démontable de Jean Prouvé », Perpetual Construction place au centre de l’espace du CAB l’un des refuges temporaires pensés par le Français pour permettre aux personnes ayant perdu leur maison pendant la seconde guerre mondiale de retrouver rapidement un abri. Plutôt qu’un véritable échange avec ce volume imposant (36 m² au sol, des murs et un toit), la quinzaine de plasticiens présents y proposent des œuvres touchant à l’occupation de l’espace, que celle-ci soit délibérée ou le fruit du hasard.

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Katinka Bock - Grosse Kreise, blau
(courtesy de l’artiste et Galerie Jocelyn Wolff)

En effet, à force de monter et de démonter des maisons, de construire et de déconstruire, on peut se trouver face à des assemblages fortuits mais qui révèlent quelque chose par leur agencement aléatoire. C’est ainsi que la combinaison de blocs de pierre et d’un disque de stationnement chez Gabriel Kuri oppose l’aspect massif des premiers et la malléabilité du morceau de plastique. Même construction un peu fortuite chez Lena Verijke bien qu’on peine à croire, comme elle nous l’indique, qu’une feuille de papier peint se soit retrouvée « accidentellement » empilée au milieu de planches de triplex. Adeptes de ces rencontres entre matériaux, Katinka Bock propose une confrontation entre tuyau en acier et rouleau de tissu, comme des rebuts d’un atelier désaffecté qui auraient trouvé des accointances du fait de leur caractère tubulaire, tandis que Nina Canell isole une section de câble à haute tension dans une mini-vitrine.

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Jose Davila - Untitled (Black Universe)
(courtesy de l’artiste et Galerie Perrotin)

La tension qui peut résulter des travaux de gros œuvre se ressent, par ailleurs, dans les créations de Christoph Weber (surface de béton tordue dont une face reste lisse tandis que l’autre est rugueuse) ou de Jose Davila (panneaux de verre reliés à un bloc de béton par une sangle). Plus littéralement connectés avec l’idée d’habitat à construire ou à inventer, Oscar Tuazon invente une fenêtre dépourvue de fonctionnalité (le verre étant à la fois peint au fer, et donc opaque, et donnant sur une planche de bois), Jordi Colomer réunit des habitants d’Annecy pour tenter de repenser la question urbaine et Driss Ouadahi réalise des petits tableaux de façades aux tons pastels.

Parfois peut-être trop minimaux (telle l’intervention de Thea Djordjadze avec ses petites structures), les gestes des plasticiens trouvent néanmoins ainsi une belle cohérence d’ensemble, dans un registre certes assez couru mais pour lequel on trouve toujours un intérêt certain.

François Bousquet
le 06/11/2017

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