Chicaloyoh

 date du concert

17/10/2017

 salle

Olympic Café,
Paris

 tags

Chicaloyoh / Olympic Café

 liens

Olympic Café

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Plutôt intéressés par la prestation donnée par Chicaloyoh à Villette Sonique il y a un an et demi, nous guettions la possibilité de revoir la Française sur scène, dans des conditions peut-être plus favorables qu’un extérieur humide, en début d’après-midi. Une tournée européenne commune avec les États-Uniens Robedoor nous a donné l’occasion de la retrouver, en ouverture de soirée, dans le sous-sol d’un Olympic Café aux ingénieurs du son toujours aussi tatillons (ou perfectionnistes à l’extrême, c’est selon), avec leur ballet incessant de la salle à la console.

Peu avant 21h30, Chicaloyoh s’installa derrière ses machines, pour lancer des introductions mêlant éléments électroniques, percussions diverses (bol en étain, clochettes, cylindre de métal strié soit frappé d’une mailloche, soit gratté) et petits instrument (mini-trompette, scie musicale). Les nappes lancées au clavier, parfois agrémentées de quelques rythmiques, formaient des instrumentations épaisses, presque plombées. Sur celles-ci, Alice Dourlen posa des récits en prose (« des rêves que j’ai fait » précisa-t-elle), à la fois un peu surréalistes et limite ridicules, sur des esprits qui font tomber les tiroirs ou sur un enfant blond qui entre dans une grotte.

Celle que d’aucuns surnomment parfois « la grande prêtresse » renforça cet aspect dans le dernier morceau, lorsqu’elle vêtit sa main droite d’un gant rouge au creux duquel était niché un micro. Afin de filtrer sa voix, la musicienne se mit donc à chanter dans sa main, dans un geste à la fois de dissimulation et de travestissement. Jamais très loin de la grandiloquence, Chicaloyoh s’en sortit, en réalité, à chaque fois par le caractère (con)tenu de son ensemble.

Les tables de la Française ôtées, les deux membres de Robedoor prirent place debout, de part de d’autre de leur propre table et, à la fois, actionnèrent une machine à fumée et firent brûler du papier d’Arménie. L’atmosphère se trouvait donc chargée, aussi bien visuellement qu’olfactivement, prête à accueillir une sorte de messe macabre, impression confirmée par le simple éclairage constitué d’une guirlande électrique courant sur leur table. Musicalement, l’ambiance était toute aussi lourde et pesante, entre accords de synthé, basses et pulsations régulières. Le chant, lui aussi bien noir, attira encore davantage le tout vers une sorte de rituel, perturbé par quelques traits de guitare électrique saturée samplés.

François Bousquet
le 20/10/2017

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