20 ans du label Ici d’Ailleurs : Winter Family / Orchard

 date du concert

20/10/2017

 salle

Lycée Jacques Decour

 tags

Aidan Baker / Ici d’Ailleurs / Lycée Jacques Decour / Orchard / Winter Family

 liens

Winter Family
Aidan Baker
Ici d’Ailleurs
Lycée Jacques Decour

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À l’occasion des vingt ans du label Ici d’Ailleurs, une soirée était naturellement organisée à Nancy, ville d’attache de la structure lorraine, accompagnée d’une exposition de quelques visuels et images de pochettes. Le lendemain, à Paris, dans le cadre du Mama Festival (manifestation semi-professionnelle, semi-grand public, qui occupe plusieurs salles du quartier de Pigalle pendant trois jours), un plateau quasi-similaire était programmé (puisque Winter Family n’était pas de la date nancéenne). Un peu décalé par rapport au reste d’une programmation attrape-tout, celui-ci se tenait dans le Théâtre du Lycée Jacques Decour, grande salle dotée de tribunes en périphérie.

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Orchard

En ouverture de soirée, un petit mois après la sortie de leur premier album dont ces pages rendront très prochainement compte, les quatre musiciens d’Orchard prirent place. Réunion de figures actives par ailleurs (en solo ou en groupe), ce projet a trouvé sa place dans la série Mind Travels d’Ici d’Ailleurs, cette collection vouée aux sorties aventureuses du label nancéen, et traduit la rencontre d’adeptes de musiques improvisées et de post-rock. Pour débuter, d’ailleurs, Aidan Baker installa une nappe en jouant de sa guitare électrique à l’archet, soit un protocole identique à celui de Gaspar Claus au violoncelle, pendant que Maxime Tisserand jouait de sa clarinette basse. La batterie de Franck Laurino n’intervint que par la suite, Tisserand passant à la clarinette alto et Claus au jeu en pizzicati.

Avec ce schéma, le quatuor alternait morceaux qui semblaient plus construits et titres aux inspirations plus free, à base d’envolées dans les aigus et de jeu rapide du violoncelle, de percées de clarinette et de roulements sur les toms. Dans ces passages, davantage convaincants que les moments de transitions plus atmosphériques, les spots faisaient joliment tournoyer leurs lumières sur les tribunes en bois et le groupe prenait pleinement corps. Si Aidan Baker, passé le premier morceau, nous parut cependant être celui dont on distinguait le moins l’apport, cette prestation confirma nos (très) bonnes impressions laissés par l’album.

Convié à quitter la salle pour permettre le changement de backline, le public put monter à la Chapelle, assister au concert de Naya (jeune chanteuse à guitare électrique sans grand intérêt), avant de redescendre pour assister au set de Winter Family. Très familier de ces pages, le duo se produisait dans la foulée de South From Here, précisément publié par Ici d’Ailleurs, et dont on a pu souligner qu’il se distinguait par une présence rythmique plus affirmée. Confirmation sur scène puisque Ruth Rosenthal eut recours à de nombreuses percussions : guimbarde, trio de clochettes, maracas, en plus de sa batterie et des rythmiques électroniques lancées de ses machines. Pour sa part, Xavier Klaine, son éternelle casquette vissée sur la tête, officiait à l’orgue électronique ou au clavier, dans une configuration où ceux-ci nous parurent délivrer des phrases mélodiques plus prononcées (Cortleyou Rd. (We Shall Overcome), ou Spring Roll).

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Winter Family

Nouvelle participante, Saralei Klaine rejoignit ses parents pour faire des chœurs sur un morceau ou jouer de la flûte traversière sur un autre. Cette belle réunion familiale n’affadit néanmoins nullement le propos de Winter Family, toujours aussi politique et concerné, fondé sur le spoken-word au débit très rapide de Ruth. En parallèle, Xavier saturait toujours davantage ses rythmiques et notes, demandant à son ingénieur du son de pousser encore plus le volume de cette distorsion, soutenue par les programmations électroniques ou les roulements de cymbale de sa compagne. L’espace du théâtre se trouvait alors rempli de cette forme de fureur qui avait compris qu’il n’était pas besoin de se faire démonstratif sur scène pour exister et que, même dans le poignant Omaha (ce dialogue entre l’harmonium de Xavier et la voix de Ruth, imitant les rafales de mitraillette), la tension passait.

François Bousquet
le 22/10/2017

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