Orchard

Serendipity

(Ici d’Ailleurs / L’Autre Distribution)

 date de sortie

22/09/2017

 genre

Rock

 style

Improvisation

 appréciation

 tags

Aidan Baker / Ici d’Ailleurs / Improvisation / Orchard

 liens

Aidan Baker
Ici d’Ailleurs

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Continuant sa route, la série Mind Travels d’Ici d’Ailleurs en est à sa huitième référence depuis 2014 et, bien que nous n’ayons évoqué ici que l’album de Manyfingers paru dans cette collection, elle trace un chemin tout à fait rationnel et assurément aventureux. Nouvelle preuve avec ce premier album d’Orchard, réunion de musiciens connus pour les travaux chacun de leur côté : Aidan Baker (très prisé de ces pages), Gaspar Claus (violoncelliste publiant des sorties personnelles et collaborant à de nombreux projets), Franck Laurino (batteur de Bästard et Zëro) et Maxime Tisserand (clarinettiste ayant, notamment, participé à un album de Matt Elliott). Réunis par le directeur artistique d’Ici d’Ailleurs, ces quatre personnalités ont enregistré à l’Autre Canal, salle de musiques actuelles de Nancy, base arrière du label considéré, dans une atmosphère poussant à l’improvisation et à l’écoute réciproque.

Retranscriptions sur un disque d’une heure et treize minutes, les cinq morceaux sont effectivement d’exacts rendus de ce qu’on peut imaginer quand on met en commun des musiciens très actifs par eux-mêmes et habitués à travailler en partenariat : belle homogénéité d’ensemble (nul ne semble prendre le pas sur les autres), capacité à créer des ambiances à la fois tendues et complètement désamarrées ou encore patent sentiment de liberté (dans la manière d’agencer les morceaux comme dans leur durée). Si le résultat semble aussi évident, il ne l’était pas forcément de prime abord puisqu’il aurait été facile à la batterie de Franck Laurino de partir dans des frappes martiales, aux guitares d’Aidan Baker de livrer des envolées fiévreuses et électriques ou bien au violoncelle de Gaspar Claus et à la clarinette de Maxime Tisserand de redoubler de virtuosité ostentatoire.

À la place, c’est donc un agrégat cohérent qui est offert, naviguant entre free rock, rock ambient et quelques accents post-rock (le dernier mouvement de Drawn With The Wind, par exemple). Impeccable de tenue de bout en bout, Serendipty parvient également à ne pas verser dans la surenchère, mais plutôt à se dérouler comme un long périple, avec les petites secousses inhérentes à ce genre de voyage ou même les passages métronomiques, tels un train avançant à sa cadence (Fructifiction, rythmé par les frappes en cadence sur le cadre de la caisse claire). Tous les risques décrits de ce type de projet ayant été écartés, reste le dernier : espérer qu’il ne s’agisse pas d’un « coup unique » et qu’Orchard connaîtra d’autres développements.

François Bousquet
le 22/11/2017

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