Matt Elliott

 date du concert

09/11/2017

 salle

Médiathèque Musicale de Paris,
Paris

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Matt Elliott / Médiathèque Musicale de Paris / The Third Eye Foundation

 liens

The Third Eye Foundation
Matt Elliott

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Il y a cinq ans, The Third Eye Foundation se produisait dans le cadre du festival Monte le Son, organisé par les bibliothèques et médiathèques de la Ville de Paris. La thématique de l’année 2012 était, effectivement, consacrée aux musiques électroniques. En cet automne 2017, c’est à la guitare que les équipements municipaux voue cette nouvelle édition de Monte le Son, manifestation qui s’ouvrait à la Médiathèque Musicale de la Ville de Paris par un concert de ce même Matt Elliott, mais avec son projet sous son nom propre.

Régulièrement suivi en concert sur ces pages, l’Anglais avait fait l’objet d’une recension élogieuse pour une prestation en tête d’affiche en 2013 au Café de la Danse. Depuis, un nouvel album a paru (The Calm Before, en mars 2016 sur Ici d’Ailleurs), mais les setlists de ces deux live furent grandement similaires. En effet, de The Right To Cry en ouverture aux rappels constitués notamment de la reprise du Bang Bang de Cher, en passant par une autre reprise (I Put A Spell On You de Screamin’ Jay Hawkins) et le magnifique The Kursk, on eut droit quasiment au même déroulé que celui du concert chroniqué ici il y a quatre ans. Pour quelqu’un qui effectue, en ce moment-même, une tournée d’une dizaine de dates, il y a là matière à interrogation…

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Ceci posé, la configuration à la Médiathèque Musicale différait de celle du Café de la Danse puisque Matt Elliott opéra en solo (contre une prestation en quatuor), armé de sa guitare, d’une flûte à bec et de ses pédales de samples. Très souvent sollicitées, ces dernières permirent au Britannique d’échapper au risque habituel de ce type de proposition (un soliste à guitare acoustique) de basculer dans la démonstration de ses capacités techniques. De fait, après avoir mis en place quelques arpèges et une ou deux lignes vocales, le musicien utilisait son deuxième micro (celui relié à ses samplers) pour empiler les couches sonores, dans une forme de tourbillon assez vertigineux. Tandis que vocalises et chant se mêlaient, les doigts des deux mains agissaient sur la six-cordes, avec un travail aussi bien de la main gauche (courant sur le manche, agissant en slides, etc…) que de la main droite (égrenés, accords grattés, arpèges, trémoli, rasgueados).

Sommet du concert, The Kursk se fit à la fois berçant (les mélodies de guitare) que glaçant et tourmenté de par l’histoire à laquelle il renvoie (ces soldats russes qui s’abîmèrent avec leur sous-marin). Pour essayer de recréer les remous que procurent, sur disque, ses rythmiques électroniques, Matt Elliott eu recours à des battements de cordes avec sa main droite, frénétiques et nerveux, pendant que son chant, en fin de phrase, s’apparentait à un cri, comme celui que durent pousser les marins au moment de sombrer. Prenante et poignante, la prestation fut amplement saluée (deux rappels furent obtenus) par un public attentif et nombreux, sagement assis dans l’espace de la Médiathèque Musicale.

François Bousquet
le 10/11/2017

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