eRikm

Doubse Hystérie

(Monotype Records / Import)

 date de sortie

00/03/2016

 genre

Electronique

 style

Ambient / Drone / Expérimental

 appréciation

 tags

Ambient / Drone / eRikm / Expérimental / Monotype Records

 liens

eRikm
Monotype Records

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Étrangement, alors qu’on l’a régulièrement vu en concert et que l’on a chroniqué plusieurs de ses productions, c’est la première fois que l’on parle d’un album solo d’eRikm. Avec un travail généralement bien expérimental, souvent abstrait, il est possible que l’on ait fait l’impasse sur certains albums. Ce que l’on aime ici c’est qu’il nous surprend en s’essayant à un autre registre, et c’est une double surprise puisque c’est sur le label polonais Monotype Records que l’on retrouve le Français.

À l’origine de cet album, une commande de Intermèdes Géographiques, une association culturelle basée à Besançon. Le but de ce travail était de produire une bande son de 2h qui serait diffusée au fil du trajet sur la ligne ferroviaire entre Besançon et La Chaux-de-Fonds, juste derrière la frontière Suisse. À chaque saison, deux artistes travaillaient sur le projet, l’un pour le trajet aller, l’autre sur le retour, avec pour chacun des méthodes de travail différentes : captation sonore dans les trains, les gares, interviews, etc... Pour cette commande eRikm a composé 9 pièces et en a gardé 6 afin d’adapter le projet initial sur CD.
On distinguera deux types de compositions sur ce disque, mais commençons par le début avec Arcus, un titre apparemment inspiré par la forme du massif du Jura. Dès le début le son est dense, tournoyant autour de puissantes sonorités et un ronronnement au second plan qui prend de l’importance alors que les autres éléments s’estompent. On est ici sur une ambient organique, habitée, et tentée de bifurquer vers le drone.

On est ensuite surpris à l’écoute de Bout De Souffle et sa mélodie lente, hésitante, à partir de ce qui semble être un mélodica. Difficile de prendre cette pièce à part, hors contexte quand on sait qu’elle devait être appréciée dans ce train, face au défilé des paysages. On a ici l’impression d’écouter quelque chose qui serait entre l’ébauche et une pièce conceptuelle contemporaine avec ses accords appuyés. Ce travail n’est pas une exception puisque cette pièce fait écho à Hallali, cette fois à base de violons. Plus complexe, plus développé aussi, ce morceau s’appuie sur une mélodie de cordes répétitive, aux lentes évolutions et qui s’affirment dans le dernier tiers avec des sonorités grinçantes et scintillantes, des fractures et textures.
Pour notre plus grand plaisir, les 3 autres morceaux sont donc dans un style proche du Arcus qui ouvrait l’album. Nappes pleines de souffle, denses et puissantes sur Cirrus qui nous semble parfois croiser des chœurs, drones de piano vivants sur Pop Malacologique alternant entre épure et puissance de souffles, et bouquet final avec Argentique. S’ouvrant sur les tintements de cloches d’une église, probablement enregistrés dans une petite ville traversée par ce train, ce dernier titre est à la fois le plus épuré et le plus lumineux. Un mélange de drone et nappes cristallines, l’impression d’entendre des chœurs là encore, et une évolution imperceptible pendant les 16mn que dure ce morceau avant de s’éteindre en douceur.

Certainement le plus bel album que l’on ait pu écouter de la part d’eRikm, assurément à conseiller à tous les amateurs de musiques ambient et de drones.

Fabrice ALLARD
le 16/11/2017

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