Keith Fullerton Whitman / Éliane Radigue / Chris Watson / Thomas Köner

 date du concert

11/11/2017

 salle

Maison de la Radio,
Paris

 tags

Chris Watson / Eliane Radigue / Hrvatski / INA / GRM / Keith Fullerton Whitman / Maison de la Radio / Thomas Köner

 liens

Chris Watson
Keith Fullerton Whitman
Eliane Radigue
INA / GRM
Thomas Köner

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Pour cette nouvelle saison, l’INA-GRM retrouve des murs côtoyés pendant de nombreuses années puisque le groupe de recherche musicale programme plusieurs dates (dont Présences Électronique en mars) à la Maison de la Radio. Si son festival se tiendra au studio 104, ce fut dans le bel écrin de l’auditorium qu’eurent lieu deux séries de concerts, intitulées « Immersion », soit un terme parfaitement idoine pour qualifier la sensation vécue de la conjonction de la configuration circulaire de la salle et de la présence du célèbre acousmonium. Pour cette soirée du samedi, les organisateurs avaient convié des fidèles du GRM, puisque Keith Fullerton Whitman, Éliane Radigue et Chris Watson sont déjà venus au festival annuel de la structure.

Bien installé dans le grand espace, le public put tout d’abord apprécier un set de Keith Fullerton Whitman, plutôt situé dans la lignée des derniers comptes rendus faits sur ces pages de ses prestations : montée en puissance progressive, avec introduction de crissements et froissements plus métalliques, afin de parvenir à un acmé assez compact, fait de saturations contenues et de bruissements divers. Cette compacité ne permettait pas forcément de tirer le maximum de l’acousmonium, même si quelques intéressantes résonances sur le bois de l’auditorium purent être perçues. Debout derrière sa sorte de valise ouverte d’où sortaient plusieurs câbles colorés, l’États-Unien passait de cette machine à son laptop et à la table de mixage pour ajuster quelques réglages et peaufiner sa petite demi-heure de concert.

Comme le veut une forme de tradition de l’INA-GRM, les plateaux constitués par le groupe de recherche prévoient aussi des diffusions de pièces devenues classiques de l’électroacoustique. Ce soir, Lionel Marchetti jouait ainsi Chryp-tus, morceau de 1971 constitué de deux bandes jouées simultanément, mais pas nécessairement de manière synchronisée. Immédiatement, on perçut que cette pièce s’inscrivait réellement dans cette lignée électroacoustique et pouvait tirer pleinement parti de la spatialisation. Marchetti profita alors largement de tous les haut-parleurs mis à sa disposition pour envoyer mini-larsens et jeu sur les frottements entre les deux bandes dans tous les coins de l’auditorium. Plus encore, les crépitements du milieu de Chryp-tus nous donnèrent l’impression que la pluie qui s’abattait en même temps sur la capitale avait réussi à transpercer le plafond de la Maison Ronde pour nous atteindre.

Après un court entracte, Chris Watson prit place derrière la console pour interpréter Oceanus, titre composé cette année et formé de captations évidemment marines (chant de phoques et baleines, crépitement de crustacés). Naturellement, le sentiment d’immersion, commandé par le dispositif sonore joua véritablement, nous plongeant dans les fonds sous-marins, avec des animaux qui paraissaient apparaître de partout. On eut même la conviction que les cris et chants de la faune étaient des sifflements ou autres apports électroacoustiques, habilement mêlés aux textures faites du bruit des vagues. Peu à peu, les animaux se firent de plus en plus présents et sonores pour un résultat nettement plus évocateur et pertinent que celui sur les éléphants, vu l’an passé à la Fondation Cartier, qui n’était vraiment convaincant que dans son dernier quart. Ici, même sans images (signalons cependant les éclairages bleus, parcourus de traînées, projetés sur le sol de la scène), on fut bercé et captivé par les field recordings de l’Anglais.

Dernier artiste à se produire ce soir, Thomas Köner donna également dans l’immersif, mais avec un aspect plus introspectif, avec une ambient profonde tout juste rehaussée, dans son début, par quelques pulsations régulières, façon bleep isolé. Des poussées granuleuses et des basses (qui firent même vibrer l’une des composantes de l’acousmonium) furent ensuite sollicitées pour composer un ensemble, intitulé New Land, intéressant mais certainement pas suffisamment différent du tout-venant pour marquer.

François Bousquet
le 13/11/2017

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