Christian Wallumrød Ensemble

 date du concert

13/11/2017

 salle

Dynamo,
Pantin

 tags

Christian Wallumrød / Dynamo

 liens

Dynamo

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En parallèle de ses sorties solo ou en collaboration, Christian Wallumrød dirige un Ensemble à la composition variable, au gré des disponibilités des musiciens (Arve Henriksen ou Nils Økland ont ainsi pu en faire partie par le passé). Pour le dernier album en date de la formation (publié l’an passé chez Hubro), il s’était ainsi entouré de quatre acolytes, sollicités également pour le passage sur scène, et notamment cette date à la Dynamo. Cinq musiciens, donc, mais une pluralité d’instruments puisque chacun est convié à se diversifier : le trompettiste dispose de deux sourdines et joue du triangle, le batteur passe au vibraphone ou à la scie musicale, la violoncelliste opère à l’archet ou en pizzicati (sur le quasi-tubesque Haksong), le saxophoniste Espen Reinertsen intervient aussi au triangle et Wallumrød délaisse parfois son piano pour un harmonium.

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Christian Wallumrød Ensemble

Dans ce contexte, le quintet en vient à alterner morceaux avec de vraies phrases mélodiques dans lesquels les instruments à vent sont timbrés (Haksong, donc, mais aussi le plus mélancolique Arpsam ou Kurzsam Und Onward, livré en rappel) et titres plus expérimentaux, mettant aux prises frappes aux mailloches sur les cordes du piano, frottements sur celles, étouffées, du violoncelle de Tove Törngren, souffle dans les vents détimbrés, coups de la main sur ses cymbales par Per Oddvar Johansen. Les transitions entre ces deux types d’approche étaient assurées par des petits coups de triangle ou bien des sons percussifs des instruments hors batterie, préférant ce stratagème plutôt qu’une pause destinée à recevoir les applaudissements.

En toute hypothèse, en permanence, l’Ensemble travaillait sur les silences avec, fréquemment, des arrêts nets entre deux mesures ou entre deux phrases musicales, à la fois pour laisser résonner ce qui venait d’être joué, mais aussi pour reprendre son souffle et jouer sur l’attente. Il en résulte que ce qui, sur disque, nous laisse parfois un peu extérieurs face à ce jazz fragmenté, prend ici davantage de corps par l’existence physique des musiciens et leur quasi-statufication lors de ces arrêts. Au surplus, le caractère acoustique de l’Ensemble s’avéra très pertinent, permettant de mieux ressentir les présences des instruments et de jouer sur l’ampleur donnée à chacun sans le filtre de l’enregistrement ou de l’amplification. Nonobstant son intitulé, la formation nous parut être, en réalité, davantage dirigée par Eivind Lønning que par Christian Wallumrød : tout le monde regardait le trompettiste pour démarrer, il donnait les impulsions et se situait au centre de la scène. Pour autant, c’est bien Wallumrød qui imprima le tempo général et agit comme fédérateur d’un Ensemble très intéressant et auteur d’une prestation pleinement aboutie.

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Illegal Crowns

L’entracte passé, le public reprit place dans la salle pour assister au set d’Illegal Crowns, nouveau projet de Benoît Delbecq (que ces pages ont pu évoquer pour un concert donné avec Pool Players, quartet dans lequel on le retrouvait aux côtés d’Arve Henriksen), entouré ici de trois États-Uniens. Avec cette formation, on se trouve dans un registre différent du Christian Wallumrød Ensemble, plus commun également puisque leur free jazz est de ceux avec un piano sur lequel courent les doigts du Français, la batterie de Tomas Fujiwara dicte le rythme et la trompette (ou le bugle, suivant les titres) de Taylor Ho Bynum s’envole et se charge de la plupart des mélodies. Petite singularité toutefois avec la participation de Mary Halvorson à la guitare électrique, conférant une coloration un peu autre, bien qu’elle versât aussi dans une forme de démonstration en parcourant rapidement son manche avec sa main gauche. Sur le plan de la structure, les morceaux du quartet se partagèrent évidemment entre soli et jeu ensemble, forcément débridé, pour un résultat certes bien exécuté mais qui manqua d’originalité.

François Bousquet
le 15/11/2017

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