Mon Amour Fou

 auteur

Roxane Kasperski

 metteur en scène

Elsa Granat

 date

du 06/11/2017 au 21/11/2017

 salle

Théâtre de la Cité Internationale,
Paris

 appréciation
 tags

Roxane Kasperski / Théâtre de la Cité Internationale

 liens

Théâtre de la Cité Internationale

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Seule en scène, Roxane Kasperski est déjà en place quand le public entre dans la salle : elle lit des papiers, fouille dans des sacs plastiques, erre sur le plateau au milieu d’un fatras tenant à la fois de l’appartement non rangé comme de la vie éparpillée. Éparpillée, la jeune femme l’est pour avoir vécu aux côtés d’un homme bipolaire et c’est précisément ce parcours qu’elle va retracer, en débutant intelligemment par définir ce qu’est un bipolaire. Revenant sur l’euphémisation de l’ancien terme de « maniaco-dépressif » (qu’elle rapproche de l’évolution sémantique des « pervers narcissiques »), elle souligne qu’être bipolaire, ce n’est pas être cyclothymique ou lunatique, c’est une maladie, aux symptômes bien déterminés et relevant de la psychiatrie.

Partie de là, et alors que le risque était grand de verser dans le larmoyant ou l’auto-apitoiement, la jeune femme fait le choix de revenir sur le fil de son histoire, faite de moments de vraie joie et de vrai bonheur (la rencontre avec l’homme) et de temps de panique, comme lorsqu’elle se heurte au personnel médical. Entremêlant les deux voix (la sienne et celle de son mari) dans ce monologue, Roxane Kasperski parvient à nous faire entendre cette dualité qui est aussi celle de l’homme, passant d’un état à l’autre sans que ce changement soit délibéré ou voulu.

Pour ne pas s’en tenir à des interventions vocales (d’autant plus que le texte est parfois dit un peu sur la même note, dans un débit rapide, le rendant quelques fois difficilement compréhensible), des images vidéos sont incorporées par la mise en scène menée conjointement avec Elsa Granat. Soulignant l’action, agissant comme révélateur de l’état d’esprit de la jeune femme à un moment donnée, elles s’insèrent adroitement dans le spectacle, à l’image de la scène de plage d’Un Homme et une Femme, projetée sur le ventre de la comédienne, avant que le cadre ne s’élargisse pour embrasser tout le plateau. L’énergie de Roxane Kasperski rejoint, en outre, sa force de conviction et sa volonté de dépeindre une réalité qui, dans le présent contexte des prises de parole féminines (et même si le spectacle a été créé il y a près de trois ans) trouve sa juste place.

François Bousquet
le 23/11/2017

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