Gus Van Sant

 date

du 25/10/2017 au 07/01/2018

 salle

Musée de l’Élysée,
Lausanne

 appréciation
 tags

Gus Van Sant / Musée de l’Élysée

 liens

Musée de l’Élysée

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Présentée à la Cinémathèque Française courant 2016, l’exposition consacrée à Gus Van Sant finit son parcours à Lausanne, dans le Musée de l’Élysée, lieu dédié à la photographie qui s’associe, pour l’occasion, à la Cinémathèque Suisse pour programmer en parallèle une rétrospective des films de l’États-unien. Que cette monographie soit montrée dans ce musée indique précisément la volonté curatoriale portée par Matthieu Orléan et Lydia Dorner (issus respectivement des institutions parisienne et lausannoise) : démontrer qu’au-delà du réalisateur bien connu, palmé et oscarisé, Gus Van Sant s’avère un créateur pluriel.

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Boy and Girl
(courtesy de l’artiste)

Sur ce point, l’exposition remplit son contrat, avec sa portion réduite d’extraits cinématographiques (les films étant visibles ailleurs) et ses différentes sections vouées à la peinture, à la photographie ou au vidéo-clip, autant de médiums parcourus, avec des bonheurs divers, par l’artiste. Si l’on passera rapidement sur les peintures (dont il n’est pas certain qu’elles aient été exposées si elles avaient émané de quelqu’un d’autre), les photographies se font plus pertinentes. Outre quelques clichés pris sur les plateaux successifs de l’États-Unien, la majeure partie de ce volet est constituée par une large série de polaroïds, étirée sur plusieurs années et permettant à Gus Van Sant de réaliser des portraits, réalisés à l’occasion de castings ou de rencontres, de figures culturelles plus ou moins connues. Certaines épreuves font même l’objet d’agrandissements (William S. Burroughs, David Bowie) dans une salle où la grandeur de ces personnalités écrase un peu, tandis que d’autres œuvres (la série Cut Up) résultent de collages entre deux polaroïds, propres à créer du trouble (fusion d’identités, apparition de personnages transgenre, caractère incertain du sujet, etc...)

Au reste, avec cette galerie de portraits, on touche certainement à la principale difficulté relative à Gus Van Sant : l’incapacité à le saisir véritablement. En effet, sur le plan cinématographique, il est déjà compliqué de l’assimiler à un genre ou de lui reconnaître un vrai style, hormis peut-être lorsqu’il tourna la « tétralogie de la mort » (Gerry, Elephant, Last Days, Paranoid Park, X). Pour le reste, entre Will Hunting, Harvey Milk, le remake plan pour plan de Psychose ou Even Cowgirls Get The Blues, peu de points communs. De même, ses accointances artistiques avec des figures high culture (Burroughs, Allen Ginsberg, William Eggleston) alternent avec des vidéo-clips tournés pour les Red Hot Chili Peppers ou les Hanson (!). Ses sujets l’amènent en outre à revendiquer une conscience politique certaine (son positionnement pour les droits LGBT, au-delà du biopic Harvey Milk) comme à s’attacher à des thématiques plus légères. Enfin, stylistiquement, et s’il a pu rechercher une certaine épure dans Gerry ou Last Days, sa touche est encore loin de la radicalité de Larry Clark ou Harmony Korine, deux créateurs auxquels on pense souvent en visitant l’exposition, non seulement parce qu’il a produit le premier (pour Kids) et croisé le second (scénariste de ce même film), mais aussi car Gus Van Sant pourrait apparaître (en raison de la moindre présence des drogues, du sexe et de la violence) comme leur pendant mainstream et bien peigné.

François Bousquet
le 14/12/2017

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