Colleen

A Flame My Love, A Frequency

(Thrill Jockey / Differ-ant)

 date de sortie

20/10/2017

 genre

Electronique

 style

Electronica / Pop

 appréciation

 tags

Colleen / Electronica / Pop / Thrill Jockey

 liens

Colleen
Thrill Jockey

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Toujours installée en Espagne, Cécile Schott n’en demeure pas moins sensible à ce qui se passe dans son pays natal et ce, d’autant plus, quand il se trouve frappé par le terrorisme alors qu’elle venait précisément passer quelques jours à Paris. Présente dans la capitale française lors du 13-novembre, elle était passée dans le quartier de République l’après-midi de ce jour funeste et, naturellement, l’écriture de son nouvel album, débutée peu de temps, après se ressent de ce souvenir. Sans surinterpréter ce contexte, on peut évidemment y trouver un écho dans son timbre souvent diaphane, dans certains des textes (« I came home with a Fistful of Fear » chante-t-elle à un moment, « I will call you when the Sun Has/Reach the Final Hour » répète-t-elle sur le morceau-titre) ou dans ces synthés un peu spectraux.

En effet, à la place de sa viole de gambe ou des percussions convoquées sur son album précédent, ce sont un Moog et un Critter & Guitari qui se trouvent ici à l’honneur. Ayant découvert ces deux synthés lors d’une tournée, Colleen en fait ici ses adjuvants principaux, démontrant sa capacité à passer, d’un album à l’autre, d’un instrument à l’autre, faisant évoluer son positionnement musical en fonction des outils utilisés. Si, par le passé, on a pu souligner que cela l’amenait à être presque « instrumentalisée » par ces derniers, ce n’est nullement le cas cette fois-ci, la jeune femme prenant toujours le dessus.

À ce titre, la présence du chant sur la moitié des morceaux, comme la volonté de travailler dans la durée (hormis le titre d’ouverture, on tourne à plus de cinq minutes de moyenne) et de rester dans une forme d’épure en termes d’orchestration participent de ce désir de conserver la mainmise sur ses instruments. Même si, lorsque le chant n’apparaît pas, les boucles de synthé peuvent lasser l’auditeur (One Warm Spark), la Française réussit à faire sonner ses claviers dans des tonalités tantôt froides et un peu distanciées, tantôt plus chaleureuses et enveloppantes. À la fois assez pastel dans son approche par petites touches musicales et un peu tourmenté par son environnement, A Flame My Love, A Frequency marque alors une nouvelle étape intéressante du parcours de Colleen.

François Bousquet
le 03/01/2018

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