Thomas Strønen, Time Is A Blind Guide

Lucus

(ECM / Universal Music)

 date de sortie

19/01/2018

 genre

Jazz

 style

Contemporain

 appréciation

 tags

Contemporain / ECM / Thomas Strønen

 liens

Thomas Strønen
ECM

 autres disques récents
Silent Vigils
Fieldem
(Home Normal)
Resina
Traces
(130701)
Ben Chatwin
Staccato Signals
(Village Green)
Boris Hauf
Clark
(Shameless Records)

Lors de la recension, il y a un peu plus de deux ans, du précédent album de Thomas Strønen, nous soulignions que ce disque n’avait de solo que l’apparence puisqu’en réalité, le batteur s’y trouvait entouré de tout un groupe. Ce groupe se voit, à présent, dénommé sous le nom de Time Is A Blind Guide (soit précisément le titre du long-format évoqué à l’instant) et figure sur la pochette de ce Lucus, aux côté de celui du Norvégien. Leur travail en commun a mûri pendant ces deux années et permet au quintet d’opérer davantage en harmonie, conduisant même Strønen à n’intervenir que de manière parcimonieuse.

De fait, la place centrale semble plutôt faite, sur la petite heure que dure l’album, aux trois instruments à cordes et au piano : entre les notes arrondies et rebondies de la contrebasse d’Ole Morten Vågan, les déliés de violoncelle de Lucy Railton, les pizzicati o u les sons plus aigus du violon d’Håkon Aase et les interventions détachées du piano de Ayumi Tanaka, la volonté de proposer de véritables mélodies est particulièrement prégnante. C’est ainsi que le clavier de la Japonaise peut se laisser aller à des quasi-improvisations soit rêveuses (Release), soit plus enflammées (Weekend) ou discourir de concert avec les cordes (le morceau-titre). Plus loin, le solo de contrebasse en ouverture de Tension permet de goûter la qualité de jeu de Vågan, rejoint au bout d’une minute et trente secondes par ses camarades pour un déploiement d’une belle ampleur.

Si l’ensemble se déroule plutôt sur un tempo assez enlevé, porté malgré tout par la batterie de Strønen, il arrive que le propos se repose, dans les morceaux où le Norvégien se fait presqu’absent (Fugitive Places). Il en résulte un disque assez confortable, tout juste secoué par Baka, morceaux aux allures de musique contemporaine (frappes sèches sur les fûts, forme de dissonance dans les interventions de cordes, brièveté du titre façon geste rapide et nerveux), ou Wednesday et ses atours free-jazz.

François Bousquet
le 14/03/2018

À lire également

Food
Quiet Inlet
(ECM)
Thomas Strønen
Pohlitz
(Rune Grammofon)
Arve Henriksen
Cartography
(ECM)