Steve Roden

Striations

(Spekk / Mochi Mochi)

 date de sortie

28/07/2016

 genre

Electronique

 style

Ambient / Expérimental / Field Recordings

 appréciation

 tags

Ambient / Expérimental / Field Recordings / Spekk / Steve Roden

 liens

Spekk

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Steve Roden collabore avec de nombreux artistes, et c’est jusque là essentiellement lors de diverses collaborations, ou sur des compilations que l’on s’est fait écho de son travail. Artiste complet, peintre, dessinateur, sculpteur, il est aussi responsable de la couverture et de l’ensemble des visuels (collages photos) du livret qui accompagne le disque.

Striations contient une seule pièce de 46mn, elle-même n’étant qu’une partie d’un travail plus global intitulé Stone’s Throw autour de sculptures inachevées au décès de sa grand-mère, elle aussi sculptrice. Le projet complet s’appuie sur des peintures, des dessins, sculptures, cette pièce musicale mais aussi un film sur le son pour lequel Steve Roden trouva que la bande son était de trop.
C’est donc à partir de l’enregistrement sonore du film que le Californien a composé cette longue pièce, largement basée sur des sonorités ambiantes : voitures qui passent dans la rue, oiseaux dans le jardin, marteau-piqueur, entrechocs de pierre, bruits de la camera, ondes radio, frottements sur une cymbale, quelques voix aussi. Afin d’apporter une certaine structure, le musicien a ajouté une mélodie de guitare dont les notes ont été déterminées par l’apparition des voyelles dans un texte du sculpteur britannique Henry Moore, découvert chez la grand-mère du musicien, collé sur un mur.

De ces éléments très théoriques et apparemment hétérogènes, Steve Roden échafaude une belle pièce ambient dominée par le son de la guitare, sous forme d’une lente mélodie, de notes qui se prolongent dans une fine vibration. Et c’est pendant ces oscillations, alors que ces notes semblent s’étaler à l’infini, que les bruitages issus de field recordings prennent place. On sent la précision des collages sonores, profitant du calme lorsque la six cordes s’estompe pour placer là quelques piaillements d’oiseaux, là un marteau-piqueur, là les bribes d’une phrase.
On pourrait craindre la répétition, mais il n’en est rien. La structure est abstraite, les sonorités ne semblent pas suivre un cycle régulier, et la mélodie, lente et déterminée par le contenu d’un texte se révèle difficilement prévisible. Distance Piece est donc au final une longue pièce ambient, moderne et contemplative.

Fabrice ALLARD
le 20/03/2018

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