Cut Worms

Lumbar Fist

(Opa Loka Records / Internet)

 date de sortie

03/07/2016

 genre

Electronique

 style

Ambient / Drone

 appréciation

 tags

Ambient / Cut Worms / Drone / Opa Loka Records

 liens

Cut Worms
Opa Loka Records

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Cut Worms est le projet solo de Richard van Kruysdijk, artiste néerlandais qui accumule les projets musicaux. Depuis son premier album solo au début des années 90 en tant que Blindfold, Richard van Kruysdijk participe à plusieurs groupes dont les plus notables sont le projet industriel Phallus Dei, tandis qu’avec Strange Atrtactors et Sonar Lodge on le retrouve dans une veine downtempo/trip-hop. Plus récemment il s’est essayé à un renouveau new wave avec le duo Palais Ideal. Si l’on parle de Cut Worms ici, c’est qu’en solo le Néerlandais s’aventure encore dans une autre direction puisqu’il s’agit ici d’ambient/drone.

Cette petite présentation, en prenant le temps de revenir sur les précédents travaux du musicien, permettra de ne pas être trop surpris à l’écoute des deux premiers titres, marqués par une ambiance plutôt lourde. Certes les drones de Tangent Folio sont doux, apparemment apaisés, mais ils sont très graves et tournoyants, ils rodent et gagnent lentement en puissance. Ce n’est que vers la fin que l’on retrouve le calme, avec une belle et lente mélodie de guitare basse, contemplative, plus lumineuse mais dans l’esprit d’un Labradford. Stone Ether est plus franc, plus direct. S’il débute par des nappes d’orgues, des vagues plus graves parviennent comme des grondements, gagnent en intensité et dévoilent leur vraie nature, à savoir le fruit d’une guitare électrique.

La suite est beaucoup plus douce et apaisée, à commencer par Halo Ginseng qui semble mêler nappes feutrées et sifflement ondulant proche d’une scie musicale, puis Seance Drop qui est sur des sonorités sourdes mais feutrées, avant de s’orienter vers quelque chose de plus cristallin et puissant. Dans cette lignée, on citera enfin Crabby Plasma et ses lentes oscillations : presque une ambient minimale, habitée par quelques froissements de cymbales et zigouillis électroniques.
Complètement à part, on enchaîne avec le sublime Drum Sloth et ses bouillonnements d’orgues lumineux. La tension est de nouveau palpable quand ceux-ci se transforment en de lourds accords, encore appuyés par un drone sombre au second plan. C’est d’ailleurs ainsi que s’ouvre Slow Binging qui conclue l’album sur une note plus rock. On débute ici par un drone électronique bien grave rapidement rejoint par des résonances métalliques, une pièce de monnaie qui tourne sur elle-même sans jamais tomber, des grincements de guitares électriques qui deviennent rugissantes, bruitistes, dans un froissement de papier aluminium.

Si vous trouvez que la musique de drone sonne un peu toujours de la même façon, Lumbar Fist est l’album qu’il vous faut !

Fabrice ALLARD
le 29/03/2018