Présences Électronique 2018 - :such : / Bellows / Phonophani / The Caretaker

 date du concert

24/03/2018

 salle

Maison de la Radio,
Paris

 tags

:such : / Bellows / Festival Présences Électronique 2018 / Giuseppe Ielasi / INA / GRM / Leyland Kirby / Maison de la Radio / Nicola Ratti / Phonophani

 liens

Phonophani
INA / GRM
Nicola Ratti

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Après une édition 2017 où nous avions suivi la quasi-totalité du festival, nous ne nous rendîmes à la Maison de la Radio (que Présences Électronique retrouvait cette année) que pour la soirée du samedi. Concentré sur trois plateaux de fin de journée (exit les propositions post-méridiennes), le festival proposait également une soirée du vendredi intéressante (avec Annabelle Playe et John Chantler, notamment) mais d’autres impératifs nous empêchèrent d’y assister. Parvenu au studio 104 (dont le balcon avait été finalement fermé), ce samedi, donc, on prit vite place pour assister aux quatre concerts du soir, face au traditionnel acousmonium.

Pour débuter, :such : livra une prestation faite de craquements et frottements et pour laquelle il utilisa des vinyles et un vieux gramophone à l’immense pavillon. Cet usage nous amena à la réflexion que, finalement, les vinyles étaient fort peu courant à Présences Électronique, manifestation dans laquelle les musiciens préfèrent utiliser, outre des ordinateurs, des bandes magnétiques. Précisément, après l’avoir connu adepte des cassettes audio, on découvrit donc l’intérêt de Marc Parazon pour ces vinyles usés, dont il travailla le souffle et le bruit, complétés par quelques voix spectrales féminines ou une vieille chanson venant du lointain pour finir son set.

Sur son seul album chroniqué sur ces pages, le duo Bellows partait également de vieux disques (des 78 tours faits en gomme laque) mais, ce soir, les Italiens ne reprirent pas ces ustensiles (qui auraient pourtant été cohérents avec la proposition précédente) et préférèrent un travail sur bandes magnétiques et machines. Comme le Français toutefois, il s’agissait de combiner souffles et sons un peu dégradés, mais en y ajoutant légers sifflements, tapotements et mini-larsens. Moins enveloppantes que ce qu’on aurait pu imaginer, les compositions de Giuseppe Ielasi et Nicola Ratti (tous deux déjà venus au festival, pour leurs productions solo) pâtirent peut-être un peu de la manière dont l’acousmonium était disposé dans le studio 104. En effet, la configuration du lieu fit que l’ensemble de haut-parleurs se trouvait concentré derrière les musiciens, sans véritable relais au-dessus du public. En outre, il était difficile de distinguer qui faisait quoi entre Ielasi et Ratti, tous deux rivés derrière leurs machines et plongés dans une quasi-pénombre pendant les vingt minutes de leur prestation.

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Phonophani

Autre musicien ayant déjà été invité à Présences Électronique, Phonophani y revenait cette année avec Imaginali, pièce annoncée comme fondée sur la biologie sensorielle des animaux et plantes. À cette lecture, on craignit un field recording décoratif, avec bribes de chants d’oiseaux et de vent dans les feuilles. Si le début du set du Norvégien fut effectivement de cette eau, des éléments plus électroniques furent vite introduits, notamment via un contrôleur posé sur sa table. Avec ses mains, puis avec deux boules en verre, il pouvait alors activer un grand nombre de touches en même temps. On retrouva alors les cascades de petites notes électroniques et aigues caractéristiques d’Espen Sommer Eide, cascades qui mutèrent en une forme de déluge dans les cinq dernières minutes.

Arrivant sur scène en pardessus sombre et lunettes noires, avec ses longs cheveux bouclés et une bouteille de vin, dans sa poche, James Leyland Kirby interpréta Ce Soir de Tino Rossi en play-back, avec force mimiques et gestuelles, comme pour installer un personnage (rôle qu’il rendossa, en même temps que son manteau, à la fin de sa demi-heure de concert quand il rechanta cette même ballade). Entre ces deux parodies, The Caretaker filtrait des sons pour en faire des mélodies un peu hantées, puis convoqua des rythmiques et leur fit prendre davantage de présence dans une seconde partie trop répétitive.

François Bousquet
le 26/03/2018

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