Dedekind Cut

Tahoe

(Kranky / Differ-ant)

 date de sortie

23/02/2018

 genre

Electronique

 style

Ambient

 appréciation

 tags

Ambient / Dedekind Cut / Kranky

 liens

Kranky

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Débuté sous des auspices breakcore, le projet Dedekind Cut évolue, avec ce second album (le premier publié sur Kranky, après celui sorti par Hospital Productions en 2016), vers une ambient contemplative, annoncée dès son titre, faisant référence à la ville californienne où le musicien a grandi, mais qui peut se lire également comme un renvoi au lac voisin du même nom, grande étendue d’eau douce, calme et propre à l’introspection. Et, de fait, le morceau-titre incorpore quelques samples aquatiques, classiquement couplés à des textures en flux et reflux.

Avec ses morceaux de pure ambient, Tahoe permet à Fred Warmsley de mettre en place des plages accueillantes, des nappes assez peu ouvragées mais suffisamment travaillées pour laisser l’auditeur s’y plonger avec intérêt. Si, et cette description le laisse transparaître, l’habitué de ce registre musical ne trouvera ici pas vraiment de quoi révolutionner ses convictions, l’ensemble est réalisé avec compétence et acuité (y compris dans les titres plus resserrés comme De-Civilization), s’offrant même quelques virées plus aériennes, quasi-vertigineuses, par la grâce de traits de guitare électrique (Spiral).

En toute hypothèse, pour éviter à son auditorat de sombrer dans une forme de somnolence, l’États-Unien capitalise sur un morceau un peu différent, jouant sur la durée (MMXIX et ses neuf minutes) : vocalises féminines au début, petites ritournelles façon gouttelettes perlantes au bout de deux minutes, voix de gorge masculines trois minutes plus tard, passage avec percussions vocales sur tapis sonore lumineux et final quasi-angoissant avec ses hululements spectraux. Ce sont ainsi près de cinq ambiances différentes que Dedekind Cut nous aura offert sur ces neuf minutes, soit un complément et un pas de côté finalement plutôt audacieux par rapport au reste d’un disque somme toute assez prudent.

François Bousquet
le 28/03/2018

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