Sheila Hicks : Lignes de Vie

 date

du 07/02/2018 au 30/04/2018

 salle

Centre Pompidou,
Paris

 appréciation
 tags

Centre Pompidou / Sheila Hicks

 liens

Centre Pompidou

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En entrant dans la Galerie 3 du Centre Pompidou, une immédiate impression de familiarité nous saisit, face aux œuvres de Sheila Hicks, comme si ses créations textiles nous étaient déjà bien connues et que nous les avions déjà vues dans plusieurs autres expositions. Or, après vérification, rien n’est moins sûr et cette familiarité peut donc simplement résulter de l’accessibilité et de la chaleur qui se dégagent des propositions de l’États-Unienne, ici présentées sans chronologie, sur le grand plateau tout ouvert de la Galerie 3. Au surplus, celui-ci est également, comme souvent, ouvert sur l’extérieur, laissant voir la ville à travers ses baies vitrées et permettant à la lumière du jour d’accompagner la visite, de renforcer le travail chromatique et le jeu sur le relief.

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Vue de l’exposition

Car, des couleurs et des matières, il est fortement question chez Sheila Hicks, la diversité des teintes (toutes les gammes sont envisagées) renvoyant à la diversité des formes (amas, lianes, ballots, tapisseries, draps, proto-vêtements…) et à la diversité des matériaux de base (laine, lin, coton, raphia, soie, nylon…). Des petits assemblages (la série des Minimes) aux grands ensembles (La Sentinelle de Safran, tas de ballots réalisé l’an passé et qui occupe tout un angle de la Galerie), le parcours embrasse un spectre aussi large que celui de la carrière de la plasticienne, installée en France depuis une trentaine d’années.

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Amarillo
(courtesy Centre Pompidou)

Partie d’un héritage précolombien (certaines tapisseries s’en font directement la résonance), Sheila Hicks a manifesté, au gré de sa trajectoire, une volonté sculpturale en écho avec un certain classicisme (Menhir et ses tresses montant à deux mètres du sol, Trapèze de Cristobal dont les écheveaux pourraient s’apparenter à un chapiteau de colonne) ou bien une volonté picturale plus contemporaine. C’est ainsi qu’Amarillo, avec sa teinte vive et ses incises verticales provenant du mode de tissage, fait naturellement penser à du Lucio Fontana, ou bien que North-South-East-West, ensemble de châssis, posés à même le sol, sur lesquels des fils ont été passés et repassés, renvoie à des dispositifs très actuels.

Alors qu’une certaine démarche métaphorique se fait jour (des nattes retombent telles des vagues, une œuvre s’intitule Pêcher dans la rivière, plusieurs tresses s’apparentent à des lianes, des galets sont attrapés dans un filet), le spectateur ne ressent pas forcément l’impression d’immersion dans la nature que cette approche induirait. Peut-être la ville demeure-t-elle trop présente, à travers les baies vitrées, ou bien l’œil est-il trop sollicité par les autres œuvres tandis que le regard n’est jamais obstrué par une cimaise. Pour autant, la sensation générale de confrontation à un travail à la fois précis, minutieux et affable persiste au sortir de cette exposition.

François Bousquet
le 23/04/2018

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