/luv/ / Michaela Antalová / Lea Bertucci

 date du concert

22/04/2018

 salle

Espace des Arts sans Frontières,
Paris

 tags

Espace des Arts sans Frontières / Le Non_Jazz

 liens

Le Non_Jazz
Espace des Arts sans Frontières

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Pour conclure un week-end ensoleillé, rien de tel qu’un début de soirée avec un plateau concocté par le Non_Jazz, d’autant plus que cela faisait une petite dizaine de mois qu’on ne s’était pas rendu à l’un des événements de la structure parisienne. La présence de noms déjà aperçus, mais jamais encore vus en concert, suffit à nous motiver, comme la volonté d’aller à l’Espace des Arts sans Frontières peut-être pour la dernière fois (le lieu étant appelé à changer prochainement de positionnement).

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/luv/

Pour ouvrir une soirée qui, on le constatera au gré de son déroulement, pouvait avoir la manipulation d’instruments par des jeunes femmes comme fil rouge, le duo /luv/ prit place. Debout derrière son violoncelle, Félicie Bazelaire se tenait ainsi aux côtés de Sig Valax, occupée par son « perséphone » (soit un synthétiseur analogique à ruban). Pour le concert, les deux musiciennes alternèrent morceaux expérimentaux et titres moins détimbrés. Les premiers leur permirent de faire dialoguer cordes quasi-étouffées, frottement de l’archet tout prêt du sillet, archet pressé contre la caisse du violoncelle, main caressant cette même caisse ou la faisant craquer, d’une part, et bourdon électronique, souffles et notes suraigües, d’autre part.

Dans la seconde hypothèse, le son des cordes de Félicie Bazelaire s’arrondissait tandis que sa comparse enrobait ces interventions d’une nappe. Cette conversation prenait, dans un cas comme dans l’autre, de belles dispositions, d’autant plus que les matériaux de Sig Valax donnaient l’impression de traiter en direct le violoncelle (alors que celui-ci était pourtant ni amplifié, ni repiqué) ou d’introduire des samples de contrebasses.

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Michaela Antalova

Assise devant sa batterie, Michaela Antalová débuta par de petites frappes sur son charleston ouvert, utilisa délicatement une mailloche et frappa un grand tambourin lui-même posé sur sa caisse claire. Alors qu’on avait craint, en voyant arriver un musicien soliste à la batterie, quelque chose de démonstratif, ce départ donna le ton d’un set plutôt minimaliste et, en tout cas, loin des excès redoutés. À la place, ce fut une prestation précise et maîtrisée, à la fois contenue et ample, la Slovaque laissant volontiers résonner au maximum ses éléments : grosse caisse, peau de la caisse claire jouée aux balais, cadre de la même frappée à la baguette, cymbale crissant sous un stylet, tom caressé d’une sorte de brosse, petit tambourin mis « peau contre peau » d’un tom.

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Lea Bertucci

Installée au fond de la salle, Lea Bertucci tenait autour d’elle son saxophone alto et avait à sa disposition plusieurs adjuvants, chargés de lancer souffles, larsens, frottements ou froissements. Les longues notes tenues issues de son instrument à vent se mariaient ainsi aux composantes provenant des petits dictaphones et autres lecteurs qu’elle actionnait d’une main. Par rapport aux deux sets précédents, on eut le sentiment d’une exploration moindre des possibilités de son instrument et, subséquemment, d’un manque de variété du propos. Pourtant, une belle impression d’enveloppement sonore demeura et assura une conclusion cohérente à ce plateau dominical.

François Bousquet
le 04/05/2018