Bozar Night : Chloé / Magda / Haring / Monolithe Noir / Kyoka

 date du concert

30/04/2018

 salle

Bozar,
Bruxelles

 tags

Bozar / Chloé / Kyoka / Magda / Monolithe Noir

 liens

Bozar
Kyoka
Chloé
Magda
Monolithe Noir

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Cela faisait longtemps que nous n’avions plus goûté à une Bozar Night, soit ce concept, aussi étonnant que délicieux, qui permet de profiter en nocturne des expositions à l’affiche avant de se métamorphoser en clubber bon teint pour le reste de la soirée. La grande majorité du public festif ne se préoccupe guère des expos, lesquelles drainent en contrepoint certains amateurs que les sons du bas laisseront ensuite de marbre ; amusante dualité de fréquentation et d’ambiances. On commence donc par déambuler, avec un vif plaisir, dans les espaces du premier étage de ce vaste temple culturel bruxellois, dédiés pour l’occasion au génial touche-à-tout Fernand Léger, au surprenant Hugo Claus et aux subtilités des natures mortes espagnoles. Trois voyages contrastés au travers de parcours bien agencés et pas trop amples, ce qui ne génère nulle lassitude. Sans surprise, c’est l’expo Fernand Léger qui nous a le plus séduit, mettant parfaitement en valeur toute l’étendue et la profondeur de son captivant travail.

On rejoint le rez-de-chaussée au début du set du Belge Haring, dont les bribes que nous avions pu entendre nous intriguaient. Prestation semi-réussie : aux morceaux mélodiquement aboutis et bien enlevés font écho des passages plus quelconques. Agréable mise en bouche, à l’instar de celle que proposait, au même moment, Liyo dans l’autre espace, le Fumoir, qu’elle était également chargée de clore en fin de soirée. On aurait dû rester à cet endroit, car le meilleur moment de la soirée fut le live de Monolithe Noir qui suivit : une prestation intense, quasi totalement analogique, à la tonalité kosmische posée sur une rythmique sobre et sèche tout à fait séduisante, qui enveloppe bien l’oreille par son systématisme roboratif et ses subtiles évolutions. Un artiste à suivre, dont nous ne trouvons pour l’heure encore guère trace de productions. Un autre live suivit dans cet espace, celui de la Japonaise Kyoka, dont le pedigree est pour sa part plus fourni. Elle mit du coeur à l’ouvrage derrière son laptop mais le résultat nous laissa perplexe, trop dur et trop décousu.

C’est dans l’espace principal, le hall Victor Horta, que les stars de la soirée se produisaient : Chloé tout d’abord, dont nous apprécions beaucoup les travaux. Le dernier opus en date de la jolie Française, Endless Revisions, paru l’an dernier après 7 ans d’attente, est tout à fait réussi. On ne retrouva malheureusement pas, dans son DJ set du soir, toute la délicate saveur de ses propres productions, et on dut bien avouer une certaine circonspection, voire déception. Plusieurs passages étaient certes entraînants, mais au total cela manquait de liant et de profondeur, et nous attendions mieux. D’autant que la tête d’affiche, Magda, nous a pour sa part déroulé ce que nous pressentions : un bon petit rouleau compresseur deep house, agréable mais sans fioritures ni aspérités suffisamment plaisantes à l’oreille. C’est bien sûr, nous l’avons maintes fois constaté, le lot de nombreux DJ sets que de conduire l’artiste à affadir et uniformiser un propos qui, sur disque, sait se faire plus original, profond dans ses nuances ou implacable dans ses climax : reste que, s’agissant de Chloé à tout le moins, nous espérions être emporté, là où nous n’avons pu que manifester un intérêt certes réel, mais plus distant.

On formulera donc le voeu que ces soirées originales évidemment perdurent, mais avec au minimum, dans l’espace principal, un live important ou intéressant, à même de séduire d’autres oreilles que celles du seul clubber avide de beats gouleyants, mais sans âme véritable.

Gilles Genicot
le 09/05/2018

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