Hugues Reip : L’Évasion

 date

du 20/04/2018 au 01/07/2018

 salle

Crédac,
Ivry-sur-Seine

 appréciation
 tags

Crédac / Hugues Reip

 liens

Crédac

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Le travail d’Hugues Reip nous est particulièrement familier : tout d’abord parce que, faisons un peu les cuistres, est accrochée au-dessus de notre canapé une de ses œuvres et ensuite parce que, chaque jour, on croise ses créations qui ornent la station de métro Mairie de Montrouge de la ligne 4. Au-delà de ce double écho personnel, nous retrouvons les propositions du Français depuis plus de dix ans dans des expositions collectives et avions vu une présentation solo à Chamarande en 2010. Pour sa nouvelle monographie, Reip propose aussi bien des œuvres déjà vues ailleurs que des installations pensées in situ, dans ce dialogue répété que presque chaque plasticien invité au Crédac tient avec le lieu ou le contexte ivryen.

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Vue de l’exposition

Sous ce dernier rapport, le Français réactive le principe du bow-window faussement éclaté, grâce à un jeu par un adhésif collé dessus, dispositif vu précédemment au Centre culturel suisse. Sur la vitre d’une des grandes baies vitrées du Crédac, le paysage industriel et immobilier d’Ivry-sur-Seine est donc reproduit, mais fracturé en son centre comme si une pierre l’avait traversé. Un travail de recréation du réel, accompagné d’un léger décalage, se dessine alors, d’autant plus que la perspective copiée sur la vitre est, en vérité, insuperposable au véritable paysage. Même jeu sur la reproduction désynchronisée avec les pistils surdimensionnés et positionnés sur des supports rotatifs ou bien avec un rocher zoormorphique tout juste peint grossièrement pour figurer un orque.

Cette volonté de créer de l’illusion, de la mise en abyme ou bien de mettre en place des petits jeux de représentation avait déjà été déployée, dans d’autres proportions, à Chamarande. Elle trouve ici une nouvelle déclinaison avec un petit diorama (Dreaming Out Of Windows), le livre Nova Express de William S. Burroughs (également vu à Chamarande) dans lequel sont piqués des champignons hallucinogènes en papier (Mushbook), des petites sculptures disposées sur une table telles des pièces d’échecs (0,25) ou encore une île faite de terre, de fleurs artificielles et qui trône au milieu d’une salle (The Eyeland).

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Vue de l’exposition

L’attrait d’Hugues Reip pour la nature nous était connu, il se trouve ici confirmé par une propension à solliciter des matières première d’ordinaire peu usitées dans le champ de l’art : terre, donc, mais aussi poussière pour en faire des installations ou mécanismes plus structurés, à l’image de ces amas de poussières suspendus à un mobile tournant et sur lesquels viennent butiner des papillons (Black Sheeps). Dans cet environnement, l’être humain est le grand absent d’une exposition peuplée de végétaux, de roches et d’animaux qui, en toute hypothèse, préexistaient à notre espèce et lui survivront.

François Bousquet
le 25/06/2018

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