Sabordage !

 chorégraphe

Alexandre Denis et Timothé Van Der Steen

 date

04/08/2018

 salle

Lycée Jacques Decour

 appréciation
 tags

Alexandre Denis et Timothé Van Der Steen / Lycée Jacques Decour

 liens

Lycée Jacques Decour

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Dirigé depuis l’an passé par Laurence de Magalhaes et Stéphane Ricordel, par ailleurs à la tête du Monfort, le festival Paris Quartier d’Été a également changé de nom. Sous l’appellation Festival Paris l’Été (peu éloigné de l’original, donc, mais un peu trop passe-partout), la manifestation continue d’investir scènes et lieux traditionnels, d’une part, et espace public, d’autre part. Sur le plan purement artistique, dans la continuité de ce que ses nouveaux gouvernants peuvent proposer toute l’année dans leur théâtre, et dans la lignée de leur parcours au sein de la compagnie Les Arts Sauts, une place certaine est faite aux performances et acrobaties, dans un genre proche du nouveau cirque.

Sabordage ! s’inscrit parfaitement dans ce registre, avec ses quatre intervenants évoluant sur des bastaings (sortes de madriers de bois) de longueurs diverses, disposés sur une estrade carrée de quatre mètres de côté. Leurs déplacements lents et assurés leur permettent de passer de l’un à l’autre en se tenant mutuellement, en utilisant mains, genoux, pieds ou dos comme points d’appui ou relais. Afin de renouveler le propos, c’est un immense hula hoop qui est utilisé dans le dernier tiers : chacun entrera dedans en passant par-dessous, se relayant pour faire tourner l’arceau, voire se superposant pour le faire pivoter à plusieurs.

Au reste, cette recherche de l’impossible parcourt Sabordage !, dans un geste performatif certain : les interprètes mettent en place une prouesse (se mettre debout sur un bastaing à trois mètres du sol, faire du hula hoop à plusieurs en même temps), font craindre au public que la chute va advenir, prennent la pose quelques secondes et recueillent de chaleureux applaudissements. Entre voltige au sol et chorégraphie à objets, le spectacle ne manque également pas d’humour, par le biais de certaines postures, mimiques ou bien attitudes et gestes, jouant avec un certain burlesque (la séquence où l’un d’eux essaye désespérément d’enlever son pantalon malgré la présence de sa basket au pied).

Mais la compagnie La Mondiale Générale sait aussi se faire plus grave dans la séquence où les trois hommes revêtent un sac en papier sur la tête, serti de deux trous pour les yeux (façon cagoule de bourreau) et guident l’acrobate féminine dans ses mouvements. Forçant sa contorsion, la faisant prendre des positions de suppliciée (poignets et cou immobilisés comme par un carcan, position assise voisine de la chaise électrique), ils rappellent ainsi que le bois est (fut ?) un instrument de torture même si, ici, il apparaît davantage comme salvateur, servant de refuge ou de lieu d’ancrage.

Autres dates :
-  21 septembre 2018 : Parking de l’Orange bleue – Vitry-le-François
-  22 et 23 septembre 2018 : Nord Est Théâtre – Thionville
-  22 janvier 2019 : Boulazac
-  24 janvier 2019 : Saint André de Cubzac
-  4 et 5 juin 2019 : Scènes du Jura - Scène Nationale à Chevreaux et Morez Hauts de Bienne

François Bousquet
le 06/08/2018

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