Adamennon

Le Nove Ombre Del Caos

(Boring Machines / Internet)

 date de sortie

15/02/2017

 genre

Electronique

 style

Expérimental / Krautrock / Psyché Rock / Doom

 appréciation

 tags

Adamennon / Boring Machines / Doom / Expérimental / Krautrock / Psyché Rock

 liens

Boring Machines
Adamennon

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Plus le temps passe et plus on est séduit par les productions du label italien Boring Machines comme vous vous en rendrez compte dans les prochaines semaines. Pour l’heure, nous allons parler d’Adamennon, un projet que l’on avait déjà croisé en 2015 lors d’un split avec Altaj, non chroniqué sur ces pages. C’est donc l’heure du rattrapage et de présenter Adam Van Maledict, seul aux manettes depuis plus de 10 ans, dont la moitié durant lesquels il produira ses propres albums.

La musique d’Adamennon est assez atypique, reflet des influences et de l’évolution du musicien d’abord connu pour produire une musique croisant black metal, dark ambient, drone et industriel. Quelle surprise alors de voir cet album s’ouvrir sur les arpèges synthétiques et mélodies d’orgues lumineux de Un Sospiro Nel Profondo Nero. Une musique pleine d’entrain, grandiose, épique mais dépourvue d’éléments rythmiques. Si les orgues sont toujours là, on change clairement de ton avec Il Felino Dallo Sguardo Che Arde qui fait resurgir les influences black metal du musicien. Le tempo est lourd, la rythmique débridée, martelée, mais c’est le chant, entre spoken word lugubre et cris qui marque ici.
On va alors de surprise en surprise puisque Il Museo Delle Anime Perse s’ouvre sur un piano solo avant une explosion rythmique qui nous ramène vers ce singulier croisement d’orgues aux mélodies enlevées et de doom metal avec un chant qui se mêle aux cris. Pour finir de cerner le personnage on citera La Giostra Del Folle, quelque part entre musique de fête foraine et de cirque, alliant orgue de Barbarie et cuivres avec les rires malsains d’un clown farceur que l’on croirait tiré d’un célèbre film d’horreur.

Ce mélange improbable rend la musique d’Adamennon inclassable. On pense souvent à un psyché-rock sans que ce soit vraiment ça, la faute aux mélodies d’orgues luxuriantes, mais aussi à un krautrock sur Dalle Fauci Al Ventre Della Belva Nera dont le chant se fait plus doux. On atteindra certainement le sommet de l’improbable avec Incontro E Scontro Con La Paura que l’on qualifierait de rencontre entre Rammstein (le chant) et Charly Oleg (les orgues)...
Cet assemblage fonctionne à merveille, la douceur des orgues faisant presque oublier la noirceur poisseuse du propos tandis que des titres comme La Caduta Nel Perpetuo Oblio, au piano solo font office de respiration, même si en arrière plan, on devine l’enregistrement d’une personne en train de... creuser une tombe. Et comme pour nous surprendre jusqu’au bout, Adamennon clôture son album avec Il Risveglio Nella Morte Universale que l’on pourrait qualifier cette fois de croisement entre Pow Wow et des chants grégoriens. Voix grave des chœurs, reverb importante et accompagnement vocal avant le retour des orgues sous forme de longs accords appuyés.

Même si l’ambiance générale peut être perçue comme plutôt sombre, Adamennon semble prendre un peu de recul et parvient à surprendre lorsqu’il incorpore des éléments nouveaux à sa musique, réalisant au final un album atypique et particulièrement réjouissant !

Fabrice ALLARD
le 23/08/2018

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