A-Sun Amissa

Ceremony in the Stillness

(Gizeh Records / Import)

 date de sortie

14/09/2018

 genre

Rock

 style

Post-Rock / Doom

 appréciation

 tags

A-Sun Amissa / Doom / Gizeh Records / Post-Rock

 liens

Gizeh Records
A-Sun Amissa

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Rien qu’en découvrant la pochette du nouvel album d’A-Sun Amissa, on peut déjà se faire une petite idée du choix stylistique opéré par Richard Knox pour ce long-format : écriture un peu gothique du nom du groupe, fleur séchée mise à l’envers et encadrée par un mélange de cercle et rectangles, ajout de volutes de fumées, noir charbonneux en teinte de fond. La beauté ténébreuse, caractéristique principale des compositions de l’Anglais, sera donc renforcée sur un disque qui n’hésitera pas à aller s’aventurer plus avant dans des accointances doom très prononcées.

Sous ce jour, la présence, pour la première fois sur un disque d’A-Sun Amissa, d’une batterie vient illustrer ce positionnement : martiale ou militaire, elle se fait l’utile relais, jouée par TJ Fairfax, d’accords de guitare plaqués et lancinants ou de déferlements de saturation (The Black Path, To The Ashes, la seconde moitié de No Perception Of Light, Remembrancer). Seul aux commandes des guitare et basse, Richard Knox sait néanmoins parfaitement superposer leurs partitions pour mettre en place des atmosphères à la fois plombées par une telle électricité et en même temps assez séduisantes mélodiquement. Il s’agit alors de croiser climats doom et inflexions post-rock, carrefour auquel le Britannique se situe assez habilement.

De même, Knox sait toujours sélectionner avec intelligence les musiciens dont il s’entoure, invitant, par exemple, le saxophone de David McLean et les ondes Martenot de Christine Ott à échanger sur The Skulk. Si l’instrument à vent opte pour des interventions plus tenues, fondues dans le maelström sonore, les ondes Martenot lâchent quelques notes éparses et plus identifiables. Même constat avec le piano (joué par Richard Knox) dont les touches émergent d’un continuum opaque et orageux (la première moitié de No Perception Of Light), comme le fait, en toute fin de disque, le violoncelle électrique de Jo Quail, après que guitare, basse et batterie se sont tues.

C’est donc une nouvelle fois pleinement convaincu qu’on ressort de l’écoute de ce nouveau long-format d’A-Sun Amissa et, une nouvelle fois, déçu en constatant que la tournée européenne d’une grosse quinzaine de dates, prévue pour septembre-octobre, n’en compta qu’une seule en France.

François Bousquet
le 31/10/2018

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