Less Bells

Solifuge

(Kranky / Differ-ant)

 date de sortie

14/09/2018

 genre

Rock

 style

Ambient

 appréciation

 tags

Ambient / Kranky / Less Bells

 liens

Kranky

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Toujours attentif aux nouveaux talents, surtout lorsqu’il s’agit d’artistes féminines opérant dans un registre instrumental ambient, simplement parcouru de vocalises, Kranky termine livre, coup sur coup, deux premiers albums de cet acabit. C’est tout d’abord celui de Less Bells qui nous est servi, proposition de huit morceaux pour lesquels la musicienne californienne a collaboré avec l’instrumentiste Dain Luscombe. À eux deux, ils empilent les nappes, provenant de diverses sources : violoncelle, violon, synthé ou Optigan.

Cette conjonction crée, en conséquence, une forme assez envoûtante, peut-être pas suffisamment singulière (surtout sur le label de Chicago) mais bien réalisée et touchante. Afin de ne pas se limiter à la mise en place d’un continuum instrumental, quelques notes de Glockenspiel résonnent à un endroit, tandis que des vocalises apparaissent à un autre. De même, les cordes peuvent être grattées, de telle sorte qu’elles émergent alors de l’alliance fusionnelle préétablie. Plus encore, quand le violon agit en quasi-solo, on se trouve face à une forme de concerto, entre celui-ci et les interventions plus liées et servant de tapis des autres composantes (Bombardment).

La première moitié du disque se déroulant de la sorte, sans véritablement soulever de passion, on en arrive aux deux derniers morceaux, plus ambitieux par leur durée (respectivement treize et huit minutes) comme par leur structure, avec construction progressive. La gradation dans l’apparition des matériaux sonores favorise ainsi une approche soit plus délicate, naviguant entre petites touches musicales et substances plus amples (Milwaukee Protocol), soit opérant aux frontières du psyché lorsque vocalises et Optigan se conjuguent (The Gills). Dans les deux cas, les superpositions musicales de Julie Carpenter pénètrent au fur et à mesure l’auditeur, charmé et troublé en même temps.

François Bousquet
le 02/11/2018

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