Lucile Littot : Bons Baisers de la French Riviera

 date

du 27/09/2018 au 01/12/2018

 salle

Galerie Édouard-Manet,
Gennevilliers

 appréciation
 tags

Galerie Édouard-Manet / Lucile Littot

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Des attentions
(Crédac)

Sélectionnée pour Le Vingtième Prix de la Fondation d’Entreprise Ricard, Lucile Littot y avait installé un petit théâtre avec danseuses étoiles figurées, avec force utilisation de matériaux rococo. L’aspect chargé du résultat ne nous avait guère emballés, mais une exposition personnelle de la jeune femme, à la Galerie Édouard-Manet, constituait une bonne occasion de vérifier si, sur la distance, la plasticienne pouvait proposer autre chose. Autant l’indiquer immédiatement : on se situe dans la droite ligne de sa participation à la présentation collective d’il y a quelques semaines, avec cette surcharge stylistique qui irrigue tout le parcours.

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Vue de l’exposition

Avant même de pénétrer dans l’espace de Gennevilliers, d’ailleurs, l’intitulé de l’exposition charrie un kitsch, certes assumé, mais tout de même présent. Une fois dans les lieux, on se trouve ensuite face à un débordement rococo d’émail doré, de faïence peinte, de lustres 15 carats, de rubans en satin ou de rouge à lèvres. Désireuse de recréer l’intérieur de la maison familiale de Sanary-sur-Mer, Lucile Littot dénomme chaque salle (« vestibule », « salle à manger », « cuisine » et « chambre »), met un lit dans la dernière et une grande table avec chaises, assiettes et couverts dans la deuxième. Entre cocon domestique rêvé et vision quasi-cauchemardesque (le cheval accroché au fond de la cuisine, les mannequins affalés dans les angles des pièces), la Française ne saurait choisir et fait remonter à la surface ses souvenirs et ses fantasmes de manière agrégée.

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Vue de l’exposition

Pour souligner l’aspect mémoriel de l’ensemble, les intitulés en rajoutent (Jeff Maggio chemise ouverte, chaînes en or qui brillent, C’est plein de chlore au fond de la piscine, j’ai bu la tasse tchin tchin), contribuant à convoquer, avec toute l’outrance revendiquée, ce que la Riviera peut charrier comme clichés. Mais comme il s’agit donc, à la base, de souvenirs, on quitte la Galerie Édouard-Manet en se disant que les clichés véhiculent, quoiqu’il arrive, assurément une certaine vérité.

François Bousquet
le 01/11/2018

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