Perdu Connaissance

 auteur

Adrien Béal

 metteur en scène

Adrien Béal

 date

du 08/11/2018 au 19/11/2018

 salle

Théâtre de Gennevilliers,
Gennevilliers

 appréciation
 tags

Adrien Béal / Théâtre de Gennevilliers

 liens

Théâtre de Gennevilliers

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Pas forcément encore aussi identifié que d’autres collectifs adeptes de la fameuse « écriture de plateau » (ce schéma où la conception du spectacle est partagée, et réalisée lors des répétitions tous ensemble), la compagnie Théâtre Déplié se trouve associée au T2G pour cette saison. C’est donc l’occasion de découvrir une proposition de ce regroupement, formé autour d’Adrien Béal, avec Perdu Connaissance, pièce se déroulant dans une loge de gardienne d’école, sur la durée d’une année scolaire.

Hospitalisée après une mauvaise chute, la gardienne est la grande absente du spectacle, tandis que ses sœurs, son beau-frère, la directrice de l’école et son mari et un parent d’élève passent dans sa loge, pour y rester plus ou moins longtemps. Alors qu’on se trouve donc face à une situation assez-quotidienne, dans un récit naturaliste, on est frappé par le décalage généré par les intonations des acteurs, le ton des dialogues et les silences entre les répliques, tous très apprêtés. Cette forme de désaxement ne sert alors assurément pas le spectacle, empêchant de rentrer dedans et conduisant même l’auditoire à se demander s’il n’y a pas un second degré caché.

Et puis, petit à petit, cela finit par faire sens car le propos se dirige vers une réflexion autour de l’incommunicabilité entre les êtres, qu’ils soient en couple (une sœur et son compagnon, la directrice et son mari), sœurs, père et fils ou amis. Ce qu’on cache à l’autre, ce qu’on lui révèle, ce qui sous-tend les couples, ce qui permet de les faire tenir ensemble, comment « se pratiquer l’un l’autre » (comme le dit un personnage) que l’on soit mari et femme, mère et fils ou père et fils : tout cela se trouve abordé par ce Perdu connaissance (titre à relier évidemment à son aspect médical, pour le personnage de la gardienne, mais aussi à prendre au pied de la lettre quand on perd la connaissance de l’autre, la manière de le connaître et de l’appréhender).

Dans un contexte où, comme chacun sait, il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour, celles-ci passent alors par un objet (un couteau transmis par un père à son fils), des mots, des regards, des attitudes, un « je t’aime ». Dans les échanges des six personnages, marqués par un regard sur le statut de la parole et sa valeur parfois performative, se déploie ainsi tout ce qui permet de cimenter les relations humaines.

Autres dates :
- du 18 au 30 mars 2019 : Subsistances - Lyon
- 26 et 27 mars 2019 : Hexagone - Meylan
- 3 et 4 avril 2019 : Tandem - Douai
- 9 et 10 avril 2019 : Espace des Arts - Châlon-sur-Saône

François Bousquet
le 16/11/2018

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