Charalambides / Bridget Hayden / Jon Collin

 date du concert

14/11/2018

 salle

Nautes,
Paris

 tags

Bridget Hayden / Charalambides / Le Non_Jazz / Nautes

 liens

Charalambides
Le Non_Jazz
Nautes

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Les plateaux à multiples artistes peuvent parfois s’avérer assez disparates mais, ce mercredi soir, les équipes du Non_Jazz avaient réussi à établir une proposition particulièrement cohérente, tournant autour de la guitare électrique, prise dans son acception entre blues et psyché. C’est ainsi que plusieurs artistes anglo-saxons étaient conviés à prendre place dans le petit espace des Nautes, bar-restaurant des quais de Seine, avec un duo français pour compléter la soirée.

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Jon Collin

En ouverture, Jon Collin, armé de sa seule six-cordes, enchaîna slides et accords grattés pour tourner autour de ces caractères à la fois psyché et minimaliste. Quand il lâchait son bottleneck, il se situait plutôt dans le premier registre, tirant des notes distinctes de son instrument et empilant les couches. En revanche, quand les slides étaient en majesté, on se trouvait face à des formes très métalliques et lumineuses. Des accords dotés de saturations furent ensuite convoqués, dans une volonté de remplir l’espace sonore et de proposer quelque chose proche de la tempête ou de la déferlante. Si l’Anglais parut alors forcer peut-être un peu trop le trait, à cet instant, il conduisit néanmoins l’auditoire dans une sorte de vertige maîtrisé.

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Mariachi & Augustin Bette

Une fois la batterie d’Augustin Bette tirée vers l’avant, celui-ci put prendre place, en face de Mariachi (pseudonyme de Nina Garcia). Assise avec sa guitare électrique posée sur ses genoux, cette dernière en jouant au bottleneck ou bien avec un petit objet en métal frotté contre les cordes, près des micros. Sa distorsion poussée dialoguait ainsi avec les interventions de son comparse, tapotant sa batterie ou bien effectuant des mini-roulements étouffés. Sur sa caisse claire timbrée ou non, son hi-hat ou sa cymbale, le Français livrait des interventions répétitives et sérielles, destinées à parfaire la proposition expérimentale du duo, dont on aurait toutefois bien fait l’économie du rappel.

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Bridget Hayden

Connue comme membre des formidables Vibracathedral Orchestra, Bridget Hayden y jouait du violon ou du piano, au sein d’une formation dont on se souvient encore avec émotion, même avec une quinzaine d’années d’écart, de concerts à Bruges et aux Instants Chavirés, respectivement en 2002 et 2004. Pour sa carrière solo, la Britannique s’est tournée vers la guitare et a également opté pour une approche vocale. Assise sur une chaise, son instrument autour d’elle, elle proposa ainsi une série de morceaux chantés, ou plutôt psalmodiés avec force réverbération à la fois sur sr sa voix et sa six-cordes. Assez prenant, bien que les paroles étaient difficilement intelligibles, son set pâtit, rapidement, de difficultés : Bridget Hayden s’arrêta, vit un morceau s’interrompre pour un problème technique, dut parfaire son accordage, etc… Tant et si bien qu’elle finit par conclure son concert au bout d’une vingtaine de minutes, probablement plus tôt qu’initialement escompté. Resta alors le souvenir de longs titres, à la fois vaporeux et hantés.

Pas revu depuis leur passage à Point Éphémère en 2005, le duo Charalambides était présent à la faveur de la parution d’un nouvel album et prit donc place peu avant minuit. Alors que Tom Carter offrait un jeu nerveux de guitare, marqué par des attaques franches, des petits soli et une concentration sur les cordes aigues, Christina Carter se chargeait du chant, avec des vocalises et quasi-cris, tous puissants, comme s’il s’agissait de rivaliser avec son conjoint. Une forme de dissonance entre les deux États-Uniens naquit alors, chacun paraissant faire son chemin de manière hermétique : chant pas aligné sur les accords de guitare, tempi différents, etc…

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Charalambides (Tom Carter)

Progressivement, la concorde se fit cependant, et surtout sur les deux derniers titres et celui donné en rappel, dans lesquels l’aspect psyché de la guitare de Tom fut renforcé (cordes grattées directement sur le manche ou bien arpèges d’accords aigus, impression très métallique). Les petits cris de Christina, onomatopées et simili-feulements, se mariaient alors parfaitement au jeu de six-cordes, attestant de la pertinence maintenue des Charalambides.

François Bousquet
le 21/11/2018

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