Festival BBmix 2018 : Pan•American / Facs / Von Limb

 date du concert

24/11/2018

 salle

Carré Bellefeuille,
Boulogne-Billancourt

 tags

Carré Bellefeuille / Pan•American

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2008 et 2011, les deux seules années pour lesquelles nous avons fait le déplacement à Boulogne-Billancourt pour le festival BBmix, certainement en raison d’une programmation très éclectique et qui ne nous intéresse donc qu’en partie. Pourtant en retrouvant le Carré Bellefeuille, superbe salle confortable, au son parfait, on se dit que l’on devrait y aller un peu plus souvent.

Cette année encore, c’est donc un artiste en particulier qui motivait notre déplacement, à savoir Pan•American, et c’était donc l’occasion de découvrir d’autres artistes. Soirée annoncée à 19h, premier concert prévu à 19h30 avec une salle très peu remplie, mais le public arrivera progressivement. On commence donc avec les locaux de Von Limb, jeune trio guitare/basse/machines qui annonça la sortie de son premier EP d’ici la fin de l’année. Le groupe délivre une cold wave feutrée, avec une voix douce, parfois mal assurée, et des guitares pleines de reverb qui nous feront tout de suite penser aux Cocteau Twins, mais la comparaison s’arrêtera ici. Si le genre pourrait nous séduire, on a un peu de mal à rentrer dans l’univers du trio, que l’on trouvera peut-être un peu trop sage.
C’est avec le 3ème titre que l’on changera d’avis. Plus nerveux, une voix plus grave, un chant aux intonations subtiles et une boite à rythme qui s’emballe, nous donnant presque l’impression de changer de registre musical. La rythmique semble d’ailleurs prendre de plus en plus d’importance et le dernier titre nous marquera par le contraste entre les percussions sèches et la douceur du chant qui nous fit parfois penser à Depeche Mode. Ce n’est pas le genre de musique qui est au cœur de notre ligne éditoriale mais cette mise en bouche fut plutôt une bonne surprise.

C’était ensuite au tour de Facs, trio venu de Chicago, dont les batteur et guitariste s’étaient déjà illustrés au festival BBmix, alors au sein du groupe Disappears. Ils ont intégré une bassiste et jouent un rock sec, rugueux, quelque part entre art rock et math rock, avec régulièrement des vocaux plutôt scandés que chantés, que l’on trouvera finalement anecdotiques au regard de la force du dispositif. Une musique pleine d’énergie, nerveuse, mais qui nous laissera assez indifférent, au point de s’assoupir alors que le ton se faisait de plus en plus bruitiste. Un projet que l’on conseillera, par exemple, aux fans de Sonic Youth.

Il doit alors être un peu plus de 21h15 quand Mark Nelson, alias Pan•American prend place derrière une table recouverte de machines, un laptop, et pas loin une guitare et tout un lot de pédales d’effets. En y repensant, on sera un peu ému d’assister à ce concert rare, alors que l’on découvrait ce musicien il y a plus de 20 ans aux Instants Chavirés, en tant que membre de Labradford.

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Pan American

En fond de scène, un écran diffuse des paysages américains décatis, quelques buildings ou un champ de fleurs. L’américain se lance à la guitare, dans un registre folk, doux et timide, qu’il met en boucle, accumulant les strates, avec un joli jeu de guitare électrique et pédale wah wah. Il passe ensuite aux machines, délivrant alors une ambient électronique du plus bel effet : souffles, nappes statiques, des crissements qui composent un semblant de mélodie, pour revenir à la guitare et au chant. C’est l’apparition de ce chant qui reviendra à plusieurs reprises qui fut notre plus grande surprise : fragile, timide, mais précis, toujours juste, qui s’enveloppera petit à petit de nouvelles strates de guitares.
Une construction assez classique, alternant électronique et guitare, les machines donnant l’impression de servir de transition avec une ambient plus ou moins expérimentale entre deux pièces pop-folk délicate. La logique sera un peu entachée en fin de concert par un problème technique au niveau des machines, cassant l’ambiance et obligeant Mark Nelson à produire la fin de son concert à la guitare. Ce fut toutefois un énorme plaisir de le voir en live, testant de nouvelles choses qui devraient apparaître sur un fort attendu nouvel album courant 2019.

Alors que le dernier groupe s’installe, on devine que ce n’est pas pour nous et on écoutera donc le blues-rock de Endless Boogie de loin, préférant finir la soirée sur la performance de Pan•American.

Fabrice ALLARD
le 26/11/2018

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