Sœurs (Marina & Audrey)

 auteur

Pascal Rambert

 metteur en scène

Pascal Rambert

 date

du 23/11/2018 au 09/12/2018

 salle

Théâtre des Bouffes du Nord,
Paris

 appréciation
 tags

Pascal Rambert / Théâtre des Bouffes du Nord

 liens

Théâtre des Bouffes du Nord

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Assister à une pièce de Pascal Rambert, c’est souvent retrouver un certain nombre d’invariants. Ainsi, comme il aime à le faire (voir le diptyque Le Début de l’A. / Clôture de l’Amour), il retrouve ici des comédiennes avec qui il a précédemment travaillé pour créer, autour des figures (des persona pourrait-on dire) des deux jeunes femmes, une nouvelle pièce. C’est ainsi qu’après les avoir fait interagir dans une scène d’Actrices, le Français eut l’idée d’écrire une dramaturgie pour Audrey Bonnet et Marina Hands. Sœurs (Marina & Audrey) est donc parti de cette envie et de ce qui se dégagea, à ce moment-là, sur le plateau. Typique de l’écriture de Rambert, l’argument met donc face à face les deux sœurs, alors que leur mère vient de décéder et que Marina n’a pas (ou mal) prévenu Audrey de ce trépas.

Sur ces fondations vont évidemment venir se greffer des années de rancœur qui remontent, de haines recuites et conservées à l’intérieur de chacune d’entre elles, de jalousies et de non-dits. À coups d’adresses proférées, notamment par monologues, de l’une à l’autre, Audrey et Marina vont ainsi passer une large part du spectacle à se hurler dessus, à enchaîner les reproches et les jugements, remettant en cause leurs choix personnels et professionnels respectifs. Autre élément récurrent des créations de Pascal Rambert, cet affrontement se déroule dans une scénographie réduite (néons blafards, plateau nu, chaises colorées en plastique moulé), dans des échanges où les comédiennes portent leur propre prénom et dans des vociférations au ton pas toujours juste, comme un peu forcé dans la diction, proche de l’envoi frontal.

Sous ce rapport, Audrey Bonnet se montre particulièrement encline à appuyer fins de mots, certains voyelles et le mot « sœurs ». Certes cela prend-il une véritable signification au regard du contenu de la pièce, mais cette forme paraît virer au procédé. Et, pourtant, l’écriture de Rambert est assez remarquable, faisant osciller le spectateur d’Audrey à Marina, chacune étant très dure vis-à-vis de l’autre, à tour de rôle, mais chacune exposant ses raisons et sa vérité, sans qu’on ne parvienne à déterminer qui est en tort et qui est dans son bon droit. Au milieu du spectacle, un beau moment de communion est même proposé, quand elles dansent, un écouteur dans chaque oreille, sur une reprise électro de Wonderful Life et que les néons clignotent. Parce qu’au fond, tout ce qu’elles expriment peut se résumer à un manque de proximité… voire d’amour.

Autre date :
-  22 janvier 2019 : Panta Théâtre - Caen

François Bousquet
le 27/11/2018

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