Saloli

The Deep End

(Kranky / Differ-ant)

 date de sortie

26/10/2018

 genre

Electronique

 style

Ambient / Psyché Rock

 appréciation

 tags

Ambient / Kranky / Psyché Rock / Saloli

 liens

Kranky

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Il y a quelques semaines, nous annoncions, presqu’un peu blasés par avance, que Kranky allait sortir, en cet automne, deux premiers albums coup sur coup de jeunes femmes opérant dans un registre ambient à vocalises. En vérité, si Less Bells agissait bien dans ce registre, il en va autrement de Saloli puisque l’États-Unienne opte pour un positionnement davantage psyché, centré sur un travail au synthé. Composés initialement pour une performance donnée par la musicienne dans un bain d’eau chaude, où le maillot de bain était optionnel, les morceaux de l’album témoignent de cette inspiration un peu aquatique. De fait, entre les tessitures arrondies et quasi-rebondissantes de certaines notes, l’aspect plus cristallin d’autres ou bien la capacité de Saloli à aller chercher des basses dans les profondeurs, ces caractéristiques parcourent The Deep End.

Mais, dans l’ensemble, ce sont bien les synthés qui se trouvent majoritaires, avec leurs lignes mélodiques un peu saturées et aux tonalités un peu vintage. Parfois pas très éloignées de celles d’un orgue d’église (Revolver, Hey Ahh), leurs sonorités apparaissent comme suffisamment rares sur Kranky pour attirer l’attention et savent alors accrocher une forme d’émotion guère fréquemment attachée à ces synthés trop souvent caricaturaux. Autre point fort du disque : la faculté de la jeune femme de faire sonner son instrument comme s’il s’agissait d’une guitare dont elle grattait les cordes et laissait la résonance jouer par le biais d’un delay : à la fois métallique et aérien, son synthé diffère, là encore, du tout-venant pour concocter ce qu’on pourrait qualifier d’ambient-psyché (le bien nommé Lullaby).

De même, la volonté de Mary Sutton de livrer des titres parfois inférieurs aux trois minutes permet d’utilement condenser le propos, et de ne pas s’égarer dans des digressions qui, à force, peuvent lasser voire se faire pénibles. Quelques envolées semblent néanmoins encore un peu superflues, conjuguant de manière trop ostensible réverbération et saturation (Anthem) ou bien doigts qui courent sur le clavier et pitch savamment réglé (Nocturne). Mais, avec The Deep End, on tient bien une intéressante découverte qu’on aurait plaisir à voir sur scène… avec ou sans maillot de bain.

François Bousquet
le 10/01/2019

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