Festival des 3 Continents 2018 - Reprise du palmarès

 date

du 20/11/2018 au 27/11/2018

 salle

Cinémathèque Française,
Paris

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Cinémathèque Française

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Après n’avoir pu se rendre à la reprise du festival Entrevues de Belfort, tenue le lundi précédent mais complète (apparemment en raison d’un nombre d’invités trop important), c’est uniquement à la soirée dédiée au Festival des 3 Continents qu’on se rendit cet automne. Pour sa quarantième édition, la manifestation nantaise n’avait pas forcément bouleversé son schéma, proposant tout de même un ouvrage et une rétrospective, revenant tous deux sur le paysage des trois continents considérés depuis les années 2000. Pour sa compétition, le Festival avait retenu neuf films dont aucun Africain, mais cinq venant de l’est-asiatique. Logiquement, on retrouvait cette place prépondérante au palmarès, les deux principaux prix étant remis à des films indonésien et sino-malais.

Repéré à Venise par quelques critiques (le film y était retenu dans la section « Giornate degli Autori »), Three Adventures of Brooke (Xingxidesanciqiyu), Montgolfière d’Argent à Nantes, présente tous les atours du film est-asiatique sous influence française. Attaché à la jeune Brooke, Pékinoise en visite en Malaisie, le long-métrage est construit en triptyque, répétant trois fois les mêmes journées mais avec des actions et rencontres différentes. Son ton léger et ses considérations sur la vie, ses excès métaphoriques (les larmes bleues, le ruisseau étoilé), la présence d’un comédien français reconnu, son héroïne jeune et paumée, sa découverte progressive du passé de cette dernière ou le dépaysement de ses protagonistes en font ainsi une forme d’épigone d’Hong Sang-Soo, et donc d’Éric Rohmer.

C’est probablement ce qui fait le charme et la limite du film de Yuan Qing, Chinoise ayant fait le choix de tourner en Malaisie, donc. Pour qui a déjà vu des films du Coréen précité, on se trouve alors face à une forme de décalque parfait, transposé dans un autre pays, certes, mais reprenant tout le canevas et les figures habituelles considérées. Une heureuse percée de cinq minutes, quasi-loufoque, avec l’apparition d’un personnage improbable aux trois-quarts du film, vient toutefois favorablement tempérer cette impression de duplicata, peut-être à mettre sur le compte du fait qu’il s’agit d’un premier film, témoignage d’un geste pas encore assuré.

Place ensuite à la Montgolfière d’Or, portrait d’un danseur de lengger (danse traditionnelle indonésienne qui joue des frontières poreuses entre masculinité et féminité) constitué sur un schéma répétitif : confessions face caméra de l’intéressé, façon interview vérité, dans lesquelles il disserte sur son corps comme une arme et scènes reconstituées fictionnellement, narrant son histoire depuis son enfance. Par sa beauté, l’attirance qu’il suscite chez les hommes comme chez les femmes, Rianto finit par porter malheur à tous ses proches : châtiments des uns et des autres, bannissements, tortures, etc… En contrepoint, il se mutile pour punir ce corps par lequel la calamité arrive, dans des répétitions du même pas exemptes de complaisance.

Certains moments du film de Garin Nugroho (dont on se souvient d’Opéra Jawa il y a une douzaine d’années) frisent par ailleurs le ridicule quand les éphèbes aux torses luisants se massent ou essaient des vêtements. Le maniérisme, le soyeux des étoffes et le caractère apprêté des gestes servent alors mal le propos de Memories of My Body (Kucumbu Tubuh Indahku) qui, d’un évident sous-texte crypto-gay, bascule dans une préciosité superflue. Au-delà, alors qu’un aspect plus politique est abordé par moments (des manipulations parallèles, lors d’une campagne électorale), on se dit qu’on aurait pu tenir là un sujet pertinent, surtout que le corps du danseur pourrait être lui-même politique, mais l’attirance du réalisateur pour le mélo reprend malheureusement le dessus.

François Bousquet
le 13/12/2018

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