Pavillon Noir

 auteur

Collectif Traverse

 metteur en scène

Collectif OS’O

 date

du 08/01/2019 au 19/01/2019

 salle

Le 104,
Paris

 appréciation
 tags

Collectif Traverse / Le 104

 liens

Le 104

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Réunion de deux collectifs (l’un à l’écriture, l’autre à la création scénique et au jeu), Pavillon Noir se veut une plongée dans le deep web (ou dark web ou freedom net, selon l’angle qu’on adopte). Alors qu’on aurait pu imaginer que les troupes aient massivement recours, pour cette vue en coupe centrée sur trois histoires principales, aux nouvelles technologies (vidéos, projections, écrans multiples), les jeunes gens ont clairement opté pour des moyens plus traditionnels. C’est ainsi que sont seulement utilisés des néons, de la musique, des projecteurs, de la fumée et trois cloisons mobiles, adjuvants grâce auxquels on passe de la Syrie underground à un appartement de zadistes rennais ou à un procès de hacker à New-York.

Axé autour des figures des logiciels libres et de la diffusion de données en accès tout aussi libre (Aaron Swartz et Alexandra Elbakyan en tête, renommés dans la pièce), plaçant une phrase d’Edward Snowden en épigraphe, le spectacle s’arrête sur une étape de leurs parcours, en même temps qu’il pointe les dérives des législations françaises sécuritaires. Plus généralement, la volonté des deux collectifs est de mettre le public en garde contre l’exploitation qui peut être faite des métadonnées, et la manipulation subséquente. Des intermèdes cocasses façon vidéos de Youtubeurs en herbe permettent d’alléger un peu le propos et de prendre du recul avec la charge dramatique pas toujours très fine. Ainsi, la victimisation des zadistes, assignés à résidence juste après le 13-novembre, se montre un peu ambigüe car trop manichéenne. Même sentiment d’un manque de légèreté dans la scène, trop étirée au demeurant, où de véritables pirates (avec force maquillage et costumes) prennent d’assaut le tribunal new-yorkais.

Assurément, c’est quand ils sont dans davantage d’économie que le Collectif Traverse et le Collectif OS’O sont les plus convaincants, que ce soit dans toutes les scènes avec les activistes, connectés chacun à un endroit de la planète et tentant de monter l’extradition d’une hackeuse russe, ou dans le duo final autour des lignes de code et du mot de passe administrateur d’un site du deep web. Avec ses accents militants, Pavillon Noir dégage une impression de quelque chose de très contemporain et, en même temps, déjà un peu daté puisque le sujet et internet appellent à une forme d’immédiateté et d’effacement quasi-instantané de ce qui a plus de quelques semaines. Or, ici, la référence la plus récente date d’il y a trois ans (l’hiver consécutif au 13-novembre) et la plupart des faits relatés se situent dans la première moitié des années 2010, limite inévitable d’un spectacle tournant depuis deux ans maintenant.

Autres dates :
-  25 janvier 2019 : Théâtre Roger Barat - Herblay
-  8 février 2019 : Théâtre - Châtillon
-  14 février 2019 : Théâtre du Cloître - Bellac

François Bousquet
le 15/01/2019

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