Convulsions

 auteur

Hakim Bah

 metteur en scène

Frédéric Fisbach

 date

du 18/01/2019 au 09/02/2019

 salle

Théâtre Ouvert,
Paris

 appréciation
 tags

Hakim Bah / Théâtre Ouvert

 liens

Théâtre Ouvert

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C’est entendu : rien ne vaut les classiques pour parler du monde contemporain. C’est ainsi qu’après Thomas Jolly qui a monté Thyeste de Sénèque dans la Cour d’Honneur à Avignon l’été dernier, la même trame narrative, autour du mythe des Atrides, est reprise par Hakim Bah dans Convulsions. Autour des frères jumeaux, Astrée et Thyeste, va ainsi se nouer une tragédie mêlant meurtre de leur demi-frère, infanticide, cannibalisme, adultère et femme battue. Transposant vaguement le propos dans un futur proche (où l’on peut gagner une green card, pour s’installer aux États-Unis, par tirage au sort), l’auteur sollicite six comédiens, intervertissant régulièrement leurs rôles.

Si le jeu de ces derniers n’est pas forcément en cause, l’écriture nous laissa nettement plus dubitatifs. En effet, le texte dit par les interprètes se perd très rapidement en détails de ce qu’on voit sur le plateau, façon audio-description d’un film (« Le voisin s’assoit ») ou lecture à voix haute des didascalies (« Atrée dit », « Thyeste dit »). Trop souvent redondant et surligneur de l’action, ce procédé réserve néanmoins quelques moments plus cocasses quand, par exemple, un comédien commente ainsi l’action : « Le voisin se demande s’il doit dire : » et que le voisin dit à voix haute ce qu’il a en tête. Cette forme de double mise en abyme (relecture contemporaine des Atrides et méta-théâtre centré sur l’exposition de ce qui est montré) peut ainsi produire quelques passages décents ou qui font sourire mais, dans l’ensemble, on passa une bonne partie du spectacle assez consterné par les limites de cette écriture.

Au surplus, celle-ci n’évite pas toujours une certaine complaisance dans la description des scènes de torture (avec force bruitage en conséquence) ou dans la répétition des mêmes morceaux de phrases. La langue d’Hakim Bah finit par tourner en rond tandis que les scènes s’étirent sans fin (le choix étant fait de concentrer l’action sur une demi-douzaine de moments-clés), permettant certes aux comédiens de changer de personnage en cours de scène (chacun endossant le rôle des protagonistes, à tour de rôle). Les horreurs narrées sur le plateau, la folie destructrice d’Astrée et la vengeance qui animent la plupart des intervenants ressortent évidemment avec fracas, mais il reste ce sentiment d’un texte à la fois trop écrit et trop banal.

François Bousquet
le 25/01/2019

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