Poésie Prolétaire

 date

du 15/01/2019 au 23/02/2019

 salle

Fondation d’entreprise Ricard,
Paris

 appréciation
 tags

Fondation d’entreprise Ricard / Mélanie Matranga

 liens

Fondation d’entreprise Ricard

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Mêler artistes opérant depuis plusieurs décennies (voire décédés) et créateurs plus contemporains peut être une démarche un peu risquée, tant les rencontres apparaissent parfois forcées. À la Fondation d’Entreprise Ricard, le mouvement fait davantage sens car les échos sont réels entre les travaux des décennies 1970 et 1980, et ceux d’aujourd’hui. C’est ainsi qu’au long du parcours, on retrouve un travail sur le même medium, quatre des six artistes opérant par le biais du dessin : Anne Bourse (traits sur coussins), Carlotta Bailly-Borg (peinture sur panneaux verticaux de verre), Lizzy Mercier-Descloux (portrait de Patti Smith) et Thérèse Bonnelalbay (encres de chine).

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Vue de l’exposition

C’est ainsi que, si les gestes sont assurément différents, se perpétue la volonté de laisser une trace sur le papier ou le verre, pas toujours sûre, pas toujours appliquée, mais réelle. Ce souhait rebondit d’ailleurs dans d’autres travaux, quand il s’agit de documenter la mise en scène de soi : création d’une icône par Lizzy Mercier-Descloux (présence de memorabilia, soin attaché au look) et vidéo où Joëlle De La Casinière se raconte dans New-York en y courant ou en y déambulant. Avec ce film et les tenues post-hippie de la Française, le visiteur se trouve directement plongé dans les années 1970, impression vintage redoublée par la diffusion d’un extrait de l’émission télévisée Midi Première dans laquelle, en 1979, Serge Gainsbourg avait convié Lizzy Mercier-Descloux à interpréter l’une de ses chansons, ou la disposition de larges fauteuils façon Le Corbusier pour consulter les ouvrages de Joëlle De La Casinière.

Dans ce contexte, la seule qui échappe un peu à ce tropisme s’avère Mélanie Matranga avec ses peintures murales représentant des phases de la lune et son installation de maison de poupée perturbée par la présence d’une robe de mariée grandeur nature. Quelque chose se joue alors sur la représentation du féminin, nous faisant au passage remarquer que les six artistes de l’exposition sont des femmes, élément intelligemment jamais surligné ni théorisé comme tel dans les documents et supports de Poésie Prolétaire.

François Bousquet
le 08/02/2019

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