Festival Premiers Plans d’Angers 2019 - Reprise du Palmarès

 date

du 25/01/2019 au 03/02/2019

 salle

Forum des Images,
Paris

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Avec quatre courts-métrages oscillant autour de la vingtaine de minutes, les équipes du Forum des Images et des Premiers Plans d’Angers avaient fait le choix, pour cette traditionnelle soirée de reprise du palmarès, de laisser le temps aux spectateurs de pénétrer dans chaque proposition. Comme souvent, l’animation apparut comme le point faible de ce mini-panorama avec Wildebeest, Grand Prix du Jury et Prix du Public, dans lequel les Belges Nicolas Keppens et Matthias Philips ont toutefois recours à une technique intéressante. Mêlant prises de vues réelles documentarisées (la savane africaine, sa faune, sa flore) et animations pour les personnages, le court-métrage met malheureusement ce savoir-faire au service d’un récit trop pauvre avec cette peinture de ce couple flamand partant en safari et s’y perdant.

Les trois autres films courts partageaient la volonté de montrer des enfants ou adolescents en recherche de parentalité, qu’elle soit totalement absente ou trop marginalisée pour pleinement remplir son rôle. Placé en famille d’accueil chez une agricultrice, Pierre, la dizaine, ne s’y sent pas à l’aise et s’en échappe grâce à une rencontre sur internet, qu’il espère bien concrétiser dans la vraie vie. Le film de Gabriel Buret, Grand Prix du Jury pour les courts-métrages français, se distingue par une situation de départ guère appuyée, peu de mots et peu d’effets, mais Pierre Rouge se fait aussi, au total, peu marquant.

Plus incisif, The Animal, Prix Arte et Prix de la création musicale des courts-métrages européens, met aux prises Siri, la quinzaine, qui va tenter, en deux jours, de mettre de l’ordre dans sa vie (l’appartement qu’elle partage avec son grand frère, sa situation scolaire) dans les quarante-huit heures qui la sépare de la visite des services sociaux. Entre débrouille du quotidien, petits trafics et amourette, la jeune fille est joliment portraitisée par Sebastian Kåss même si le Norvégien aurait pu s’exonérer des passages oniriques dans lesquels Siri s’essaye au taekwondo au ralenti, sur fond d’envolées de feuilles mortes.

Enfin, le début de Beautiful Loser laisse craindre une trop grande complaisance dans son attachement à la figure de Michel, marginal zonard façon loubard quinqua. Fort heureusement, le film de Maxime Roy, Prix des bibliothécaires pour les courts-métrages français, va développer une vraie tendresse au fur et à mesure, laissant de la place à Léo, fils de dix-sept ans de Michel, grâce auquel ce dernier tient bon dans sa démarche de sevrage.

Salué dans plusieurs festivals (Locarno ou Thessalonique, par exemple), Comme si de rien n’était (Alles Ist Gut) y a souvent été primé à la fois pour le long-métrage, et pour son actrice principale. À Angers, ce fut également le cas puisque le film d’Eva Trobisch reçut le Grand Prix du Jury et le Prix d’interprétation féminine pour ce rôle de Janne, jeune femme volontaire et rationnelle, à qui un événement traumatisant va arriver. Très juste (pour autant qu’on puisse en juger) sur l’intériorisation d’une blessure (qu’on ne préfère pas révéler ici, compte tenu de sa prochaine sortie en salles), ce film allemand sonde aussi bien les réactions des femmes que leur rapport aux hommes.

Naturellement, un tel long-métrage est à recevoir dans le contexte post-MeToo de libération de la parole et de la lumière mise sur les mécanismes de domination masculine. Repoussant toute volonté de livrer un film-dossier, la réalisatrice préfère suivre ses personnages, tisser des liens narratifs et travailler autour d’un sujet jamais pris comme tel. Néanmoins, Eva Trobisch abuse légèrement de séquences « contrepoint », censées résonner avec (ou en regard) des agissements de Janne : petit chat qui meurt écrasé par un train, situation matrimoniale de son patron qui se délite, manifestations d’humeur de son compagnon alors qu’elle-même reste placide, etc… La condition et les souffrances intérieures de Janne n’avaient, en effet, pas forcément besoin d’être ainsi mises en lumière, en creux, car le jeu et la direction d’Aenne Schwarz se suffisaient très bien à eux-mêmes.

Date de sortie :
- Comme si de rien n’était : 3 avril 2019

François Bousquet
le 18/02/2019

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