Sulfure Festival 2019 : Analept / Alexandre Navarro / Christ.

 date du concert

16/03/2019

 salle

Vent Se Lève,
Paris

 tags

A.N.A.L.E.P.T. / Alexandre Navarro / Christ. / Sulfure Festival 2019 / Vent Se Lève

 liens

Alexandre Navarro
Vent Se Lève

Après une première soirée un peu mitigée, c’est assez confiant qu’on se rendait en ce samedi au Vent se Lève, pour le plateau le plus electronica du Sulfure Festival qui, pour cette circonstance, avait fait le plein. Il faut dire que Christ., comme d’autres artistes britanniques de cette importance, se produit bien rarement à Paris et qu’il n’était pas question de faire l’impasse sur cette prestation.

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Analept

Pour ouvrir la soirée, Analept avait été convié par les organisateurs, occasion pour ces pages de renouer avec le Belge, évoqué ici au milieu des années 2000, autour du label Carte Postale Records alors florissant. Très marqué par les productions anglaises phares du genre, le musicien a poursuivi son parcours dans ce registre et le set de ce soir traduisit cette accointance. Au programme, donc, de l’electronica aux rythmiques marquées, parfaite pour dodeliner doucement de la tête tout en se laissant porter par les mélodies claires et franches. Introduisant quelques breaks dans les pulsations, idéaux pour relancer le propos, Guillaume Bacart livra un très bon concert au volume impeccablement réglé, servi par des vidéos d’images de synthèse, formes géométriques, atomes stylisés, nuages de points ou cercles concentriques.

Au surplus, il était agréable de voir un musicien électronique, dépourvu d’instrument et concentré sur ses machines, véritablement jouer en concert : travail visible sur ses potentiomètres, lancement de boucles, interruption de rythmiques, savant dosage des réglages, bascule de tranches, pressage simultané des boutons « mute », etc… Nonobstant une petite baisse de régime dans le dernier tiers de sa prestation (à cause de passages arythmiques moins prenants), on tenait assurément là le premier très bon concert du festival.

Après une courte pause, le musicien suivant prit place côté jardin, laissant le grand écran en majesté. Officiant aussi en qualité de curateur de la soirée d’ouverture du festival, avec son collectif Hep, Alexandre Navarro avait laissé sa guitare et ses pédales, pour œuvrer avec son seul laptop pour des morceaux moins identifiables, dans un continuum ambient-electronica fait de nappes parcourues de quelques éléments plus repérables et émergents de l’agrégat. Des sonorités aquatiques, des samples divers et un travail sur la profondeur des textures caractérisèrent sa prestation, tandis que les vidéos projetaient des prises de vue déformées (gros plans, flous, images brouillées). Enveloppant et fouillé, l’ensemble nous sembla néanmoins, avec ses quarante-cinq minutes, un rien trop long, d’autant plus que placé entre deux propositions plus rythmées.

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Christ.

De fait, après le Français, ce fut le tour de l’une des têtes d’affiche du festival qui sut, au reste, conquérir le public d’entrée en dédiant son set à Frédéric Hanak, moitié de dDamage, décédé en septembre dernier. Placé au centre de l’espace, Christ. se posta devant l’écran chargé de diffuser des vidéos, façon dessins animés 80’s, de formes pyramidales ou semblables à des diamants, aux couleurs chatoyantes. Cette esthétique se montrait pleinement en accord avec les compositions de l’Anglais et leurs mélodies jouées en direct au synthé, tandis que les pulsations étaient envoyées depuis le laptop. Se réservant 2 ou 3 secondes de pause entre chaque titre, le temps de savourer les applaudissements (schéma qui cassa un peu le fil), Chris Horne sut alterner rythmiques nettes et parfois plus « crunchys » ; dans les deux cas, celles-ci étaient toujours en soutien de mélodies oniriques, claires et savoureuses.

Se faisant peut-être un peu plaisir sur les montées et descentes rapides du clavier, le Britannique enrobait aussi, par endroits, un peu trop les tessitures de ses notes, leur donnant un côté « muzak » pas forcément très heureux. Mais il s’agit là de détails face à la vraie réussite de ce concert, que Christ. conclut (sur un petit problème technique, apparemment) par des lignes chromatiques plus mélancoliques.

François Bousquet
le 19/03/2019

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