Sulfure Festival 2019 : Mathias Delplanque / Frédéric D. Oberland / Jon Porras

 date du concert

26/03/2019

 salle

Vent Se Lève,
Paris

 tags

Frédéric D. Oberland / Mathias Delplanque / Sulfure Festival 2019 / Vent Se Lève

 liens

Frédéric D. Oberland
Vent Se Lève

Pour cette dernière date, pour notre part, du Sulfure Festival, deux musiciens français habitués de ces pages et un membre de Barn Owl opérant en solo se trouvaient présents dans l’enceinte du Vent Se Lève, complet pour l’occasion. Au reste, on fut agréablement surpris, dans l’ensemble, par l’affluence (nécessairement limitée, vu la jauge) lors de nos cinq soirées du festival, confirmant la pertinence de sa programmation et l’opportunité de la tenue de cette manifestation, dont on espère bien qu’elle aura lieu chaque année.

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Mathias Delplanque

Placé derrière une table, Mathias Delplanque ouvrit donc le plateau, installant une texture faite de glitchs et nappes. Ceci posé, il se saisit d’une kalimba ronde, reliée à un capteur filtrant les sons issus de l’instrument en bois : tapotage de sa caisse, jeu sur les lamelles en métal pour faire surgir une forme de mélodie un peu déstructurée. Une basse électrique fit ensuite son apparition, jouée par le Français à l’archet, afin de produire de grands traits un peu saturés pendant qu’une rythmique plombée alourdissait l’atmosphère. Une explosion sonore soudaine, avec une tempête de saturations et de rythmiques presque noise, survint, faisant entrer le set dans une phase expérimentale plus poussée même si, sur la durée, l’intérêt faiblit. Pour terminer, un jeu en finger-picking de la basse permit un retour à une tonalité plus arrondie, tandis que les grésillements s’estompaient à l’arrière-plan.

Après cette bonne prestation, place à la proposition de Frédéric D. Oberland venu pour un solo entre des concerts avec Foudre !, Oiseaux-Tempête ou Le Réveil des Tropiques. D’ordinaire, pour ses sets solitaires, le musicien joue sur l’espace et la musique, avec fumée, vidéos, guitare et saxophone, dans un esprit free-rock. Cette fois-ci, il installa tout d’abord des nappes grâce à des slides de bottleneck sur sa guitare électrique dotée de réverbération, éléments ensuite traités et triturés à la table de mixage, grâce à de la synthèse granulaire.

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Frédéric D. Oberland

Se tournant dos au public, le Français agita alors des cymbalettes, joua un peu de flûte et se mit au piano droit, repiqué par deux gros micros affublés de réverbération. Il alterna ainsi ces apports mélodiques avec des interventions sur ses machines : traitement de samples, convocation de perturbations sonores, etc… Comme le set précédent, le propos fut conclu par des superpositions plus mélodiques de guitare (arpèges, notes isolées et slides réalisés au tournevis) ou de piano. Cette magnifique conclusion fut à la hauteur d’un concert extrêmement probant, parmi les tous meilleurs vus sur ce festival.

Chargé de clôturer la soirée, Jon Porras demanda à plonger quasiment la salle dans le noir, mais souffrit de quelques problèmes techniques avec sa mixette, qui l’empêchaient de pleinement appréhender le volume produit. Il en résulta un début un peu en dedans, dans un schéma trop basique d’ambient pure avec nappes mêlées et éclats de saturation. Le souci réglé, les grésillements purent se déployer, le volume prit de l’ampleur et l’espace fut mieux occupé. La composition de l’États-Unien se fit ainsi véritablement enveloppante, bon terme de cinq dates sacrément cohérentes.

François Bousquet
le 01/04/2019

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