Banlieues Bleues 2019 : Éric Chenaux & Bass Clef / Mhysa

 date du concert

29/03/2019

 salle

Dynamo,
Pantin

 tags

Éric Chenaux / Dynamo

 liens

Dynamo

Dans une Dynamo délestée de ses sièges et face à un public pas si nombreux, le festival Banlieues Bleues bouclait la première de ses quatre semaines de durée. Avec son plateau un peu hétéroclite, nous avions repéré cette date du vendredi soir, pour (enfin) voir sur scène Éric Chenaux, musicien publiant depuis une bonne douzaine d’années sur Constellation et dont le parcours intrigue. De fait, parti d’un registre folk dans ses premières années, dans la lignée d’autres musiciens du label montréalais, il s’est rapproché d’autres artistes avec les années, notamment Éloïse Decazes, pour un projet revisitant la chanson médiévale et dont ces pages avaient pu rendre compte, à l’occasion d’un concert.

JPEG - 85.2 ko
Éric Chenaux & Bass Clef

Continuant d’évoluer, le Canadien s’est récemment tourné vers Bass Clef, compagnon avec qui il avait déjà donné un concert aux Instants Chavirés il y a un an. En résidence à la Dynamo, c’est assez logiquement qu’on le retrouva pour une nouvelle déclinaison de ce duo dans lequel il officie à la guitare et au chant, tandis que son partenaire anglais se charge de l’électronique et du trombone à coulisse. Pour Éric Chenaux, il s’agissait de superposer des interventions samplées en direct de sa six-cordes : accords secs et un peu étouffés, donnant l’impression d’entendre un piano poser les fondements harmoniques d’un morceau de jazz, jeu plus délié à la limite de l’ostentation (force allers et retours sur le manche) et travail à la pédale pour donner un aspect un peu bluesy.

À ses côtés, Bass Clef plaçait glitchs et triturations, jouait de son cuivre avec ou sans sourdine, soufflait dans son instrument détimbré ou lâchait quelques notes sur son mini-synthé. Le chant en voix de tête du Canadien venait se rajouter à tout cela, sur chacun des cinq longs morceaux proposés, dans une proposition plutôt intéressante dans ses premiers instants mais qui s’avéra trop présente sur la durée de chacun des titres, entraînant l’impression d’une trop faible variation d’une pièce à l’autre. L’ensemble resta pourtant fort cohérent même si on l’aurait imaginé davantage être donné dans un climat plus feutré et propice à l’écoute qu’une salle escamotée avec un public parfois bavard.

Annoncée comme interférant entre soul, r’n’b et grime, Mhysa apparut avec sa robe rouge fendue à lacets sur le côté et ses dreadlocks en partie colorées. Accompagnée par Lawd Knows aux machines, la jeune femme de Philadelphie proposa tout d’abord deux titres introductifs, où sa voix réverbérée interagissait avec le travail électronique de son partenaire, dont une reprise tronquée de Love To Love You Baby de Donna Summer. Alors qu’elle invita tout le monde à se lever, les pulsations entrèrent en piste et l’États-Unienne opta, sur STROBE, pour un phrasé plus hip-hop, moins chanté, plus parlé et plus en phase avec l’instrumentation.

JPEG - 77 ko
Mhysa

Alors qu’on aurait attendu que le set ne décollât à cet instant, d’autant plus que le public s’était effectivement mis debout et semblait bien parti pour secouer la tête en cadence, Mhysa replia ses beats et ligota ses pieds et mains dans le fil de son micro, avant de s’allonger sur l’estrade, pour de nouveaux morceaux plus dépouillés. Certes portés par la voix de la jeune femme, ils parurent un peu plats, voire atones, et, surtout, un décalage naquit entre les postures très démonstratives de l’artiste (scène arpentée de long en large, simili-twerk, jeu de hanches et d’épaules) et la musique qui restait ainsi plutôt en retrait. À nouveau, la configuration de la Dynamo ne jouait pas nécessairement en la faveur d’une réception optimisée de ce concert : public trop peu nombreux pour se masser autour de la scène, laissant un trop grand espace entre l’estrade et les premiers rangs, et accentuant ainsi le décalage évoqué précédemment…

François Bousquet
le 03/04/2019

À lire également

26/04/2013
Oiseaux-Tempête / Temps
(Eglise Saint-Merry)