Joni Void

Mise En Abyme

(Constellation / Differ-ant)

 date de sortie

29/03/2019

 genre

Electronique

 style

Expérimental

 appréciation

 tags

Constellation / Expérimental / Joni Void

 liens

Constellation

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Originaire de Lille, Jean Cousin est parti vivre à Montréal en 2012 où il a publié plusieurs sorties sur internet. Repéré par Constellation, il y a fait paraître son premier album en 2017 puis ce Mise En Abyme, second long-format sur le label canadien qui reprend le principe d’une électronique un peu expérimentale, accueillant quelques pistes chantés aux côtés d’instrumentaux.

À la différence de son premier effort, le musicien fait ici le choix de regrouper les titres à participation sur la première moitié du disque (sa face A, pour la version vinyle) ; il y invite donc quatre intervenantes au chant, dont Sarah Pagé, cette ancienne membre d’Esmerine, surtout connue pour son travail de harpiste. Opérant principalement sous forme de vocalises et de murmures, les quatre chanteuses se trouvent confrontées à des composantes métalliques, des frappes et autres perturbations. Dans ce contexte, lorsque les pistes vocales se trouvent samplées et superposées, le timbre humain semble reprendre le dessus, faisant joliment face aux rythmiques (Abusers).

Pour les morceaux instrumentaux (la face B, donc), les apports extérieurs résultent de l’intégration de discussions captées au téléphone ou à la télévision, de vieux bruits de connexion internet, d’extraits de jeu vidéo et d’autres voix robotisées. Naturellement, l’intitulé du disque prend alors tout son sens et il est d’ailleurs savoureux de constater que les seules paroles quasiment audibles et intelligibles de l’album sont celles récupérées d’une source tierce (Safe House), et non pas des quatre invitées. Dans le même temps, les pulsations se font plus marquées et on se trouve alors aux confins d’une electronica rythmée, presque dansante (Voix Sans Issue). Pour finir de désorienter l’auditeur, Joni Void termine par deux morceaux très différents : Persistence héberge un clavier posé et profond, à peine perturbé par quelques textures d’arrière-plan, tandis que Resolve se situe entre électronique et psyché-rock, à la limite de la saturation.

François Bousquet
le 14/08/2019

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