Andy Guhl / Anthony Pateras + Robin Fox

 date du concert

11/11/2005

 salle

Instants Chavirés,
Montreuil

 tags

Andy Guhl / Anthony Pateras / Instants Chavirés / Robin Fox

 liens

Anthony Pateras
Robin Fox
Andy Guhl
Instants Chavirés

Dernière soirée en ce qui nous concerne pour le festival Lieux Communs, avec cette fois une dominante bruitiste. C’est l’occasion de revoir les australiens Anthony Pateras et Robin Fox que l’on avait déjà pu apprécier il y a un an et demi lors d’une soirée autour du label Synaesthesia, puis Andy Guhl désormais en solo, mais plus connu en tant que membre de Voicecrack.

La soirée débute avec les deux australiens. Anthony Pateras à gauche au laptop, et Robin Fox à droite derrière une pile de machines. Ils nous propulseront directement dans le vif du sujet avec une véritable déferlante sonore, souffles, chuintements, martèlements de basses, et en 2’30’’ tout est dit. Changement de registre sur le morceau suivent où Robin Fox semble jouer aux dés sur un plateau truffé de capteurs. Anthony Pateras traite les bruitages produits en direct, ajoute d’autres sources sonores, on est à mi-chemin entre impro, noise et musique concrète, et petit à petit on gagne en abstraction. On accrochera plus logiquement sur les pièces où Robin Fox produit des bruitages avec sa bouche, secs, percutants, à la manière d’une human beat-box détraquée, le lien entre visuel et musique est alors immédiat. Ce travail vocal se rapprochait d’ailleurs de leur précédent concert à Confluences, mais ce soir le duo avait opté pour l’option bruitiste et ne nous laissera guère de répit, mis à part une pièce basée sur des drones et buzz de machines en fin de set. Une demie heure intense.

L’aventure VoiceCrack étant terminée, c’est avec Andy Guhl en solo que la soirée se poursuit. Les choses se compliquent un peu puisqu’il nous présentait ce soir The Instrument, une pièce mêlant son et image, à base de machines étranges, de sa propre création pour certaines, du bricolage électronique à base de générateurs d’ondes et de webcams qui nous rappellera énormément le travail de Gert Jan Prins qui mêlait lui aussi image et son, lors de son concert en début d’année dans le cadre du festival Octopus. Une table recouverte de machines fait donc face à l’écran, et Andy Guhl balade ses machines afin de créer des interactions entre générateurs de sons et d’images. Il joue avec les larsens (sonores et visuels) et fait passer le son et l’image par une série de process afin d’en altérer le rendu.
D’un point de vu musical, c’est très abstrait : on reste au stade de bruitages générés pas des machines, de la transformation du son, mais il sera difficile de trouver une véritable construction à cette pièce d’une grosse demie-heure. Visuellement, quelques passages faciles (halos lumineux en passant une lampe devant une webcam), et d’autres plus intéressants quand une image se brouillait complètement à l’image du cryptage de Canal+.
Une performance intéressante, mais ce niveau d’expérimentation pourra facilement rebuter un public non averti...

Fabrice ALLARD
le 21/11/2005

À lire également

08/12/2012
Festival Nemo - Robin
(Le 104)
Anthony Pateras & Robin Fox
End of Daze
(Editions Mego)
Oren Ambarchi
Intermission 2000-2008
(Touch)
Anthony Burr & Anthony Pateras
The Long Exhale
(Immmediata)