Matt Christensen

Constant Green

(Miasmah / Import)

 date de sortie

18/06/2021

 genre

Rock

 style

Folk

 appréciation

 tags

Folk / Matt Christensen / Miasmah

 liens

Miasmah

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Assis sur un banc, l’air pensif, une guitare rangée dans sa caisse à ses côtés : le visuel de Constant Green donne plusieurs indications sur l’orientation de ce nouvel album de Matt Christensen, fidèle à Miasmah, que ce soit pour ses propres albums (près de cinq ans après le très bon Honeymoons) comme ceux de son groupe Zelienople (quelques mois ayant passé depuis la publication du tout aussi réussi Hold You Up). S’essayant ici à une forme d’americana chantée, mâtinée d’effets (réverbération de la six-cordes, écho sur la voix), le Chicagoan touche par sa belle sensibilité et le caractère caressant de ses arrangements.

Sous ce jour, l’apport de la pedal steel de Brian Harding, compère de Christensen au sein de Zelienople, s’avère tout à fait probant, venant souligner la filiation avec quelques chanteurs-compositeurs étatsuniens historiques. Au surplus, cette seconde guitare confère une véritable luminosité à un registre qui aurait pu, en son absence, basculer dans une veine plus sombre, façon « folk noir ». Totalement arythmique (alors qu’Honeymoons intégrait des boîtes à rythmes), Constant Green permet à la voix et aux guitares de mieux ressortir, favorisant aussi, côté auditeur, un certain alanguissement, bercé par les slides de la pedal steel et les paroles des chansons, tendrement mélancoliques. Si l’instrumentation est assez constante (on relèvera juste la présence du clavier d’Eric Eleazer, troisième membre de Zelienople, sur le morceau-titre), on se trouve davantage saisi par la construction des morceaux, et notamment la manière, assez abrupte, d’en finir quelques-uns (I Listen To Country Songs, It’s Hard Not To Love Anyone ou Where Does My Mind Go ?), quasiment au milieu d’une phrase alors qu’on s’imaginait être parti pour des divagations sans durée réelle.

Officiant plutôt en parlé-chanté, Matt Christensen s’essaye, par endroits, à un chant plus affirmé, expérience pas forcément convaincante, faute d’une justesse très assurée (I Had A Vision I Could Move Anywhere, dans lequel, néanmoins, une bonne partie est purement instrumentale). Laissant de côté cette limite, on préfère retrouver les déliés de guitares, l’ampleur donnée par les effets ou encore la chaleur du timbre du Chicagoan, belles caractéristiques d’un album constitutif d’un très bon diptyque avec Honeymoons.

François Bousquet
le 15/09/2021

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