Festival Octopus 2006 : Pierre Bastien + Pierre Berthet / Benjamin de la Fuente

 date du concert

12/01/2006

 salle

Centre Pompidou,
Paris

 tags

Centre Pompidou / Festival Octopus 2006 / Pierre Bastien / Pierre Berthet

 liens

Festival Octopus 2006
Pierre Bastien
Centre Pompidou

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On retrouve le festival Octopus au Centre Pompidou et au Point Éphémère pour deux soirées concerts, avec comme l’année dernière, le thème des inventeurs d’instruments. On commence aujourd’hui à Pompidou avec deux sets, le premier de Benjamin de la Fuente avec l’aide de l’IRCAM, puis un duo formé par Pierre Berthet et Pierre Bastien.

Outre le festival Octopus qui est déjà une raison de faire le déplacement, c’est la présence de Pierre Bastien qui nous motivait à sortir ce soir, ne connaissant cet artiste que de réputation, avec notamment ses disques parus chez Rephlex, un peu à part sur le label d’Aphex Twin. Comme souvent, venir voir un artiste attendu est l’occasion d’en découvrir un autre, soit aujourd’hui Benjamin de la Fuente.
Comme l’an dernier, des petits films présentent le travail des artistes, et ce premier film chargé de présenter Benjamin de la Fuente nous laisse avec un petit a priori négatif. Limite hors sujet, le projet de cet artiste ne met pas en scène d’instruments inventés. Il nous présente ce soir sa nouvelle création intitulée Play the Game (pourquoi un titre anglais ?), composée pour flûte basse, saxophone, clavier, batterie, violon et contrebasse. Le film insiste sur la spacialisation du son, souci de n’importe quelle oeuvre qui sort de l’IRCAM ou du GRM. Rien de nouveau donc, pour cette pièce d’une grosse demi-heure de musique contemporaine électro-acoustique. Changement de rythmes, impression de chaos puis passages plus posés, belles cassures, passage plus proche d’un rock improvisé, et final apaisé à la manière d’un post-rock jazzy. Si pendant une dizaine de minutes, effectivement, on se fait surprendre par quelques sonorités qui viennent de toute part, l’effet se surprise se tasse assez vite, et on a alors l’impression d’assister à un concert tout à fait classique.
Globalement une déception, et un concert pendant lequel on s’ennuiera fermement.

Le temps de changer le matériel, on espérera un concert d’une autre tenue pour le duo franco-belge. Le Français, Pierre Bastien, est certainement le plus connu avec ses albums chez Rephlex, son orchestre de robots-Meccano. Pierre Berthet est quant à lui présent chez Sub Rosa ou Tzadik, et s’illustre également plus sous forme d’installations que de concerts classiques. On appréhendait un peu ce concert sous forme de duo car on aurait voulu voir ces deux artistes en solo pour mieux appréhender leur travail, mais celui-ci nous permis d’avoir un très bon aperçu de leurs différentes techniques respectives.
C’est Pierre Berthet qui commence avec des espèces de drones qui s’enchaînent et se superposent, ambient minimaliste. Pierre Bastien rentre dans le jeu avec un trombone frétillant qui vient frapper une plaque en produisant des clicks acoustiques. Cette même machine sert également à produire des rythmiques et des mélodies : divers modules interchangeables reliés à des poulies, courroies, en tournant, viennent frotter ou frapper des lames métalliques et un clavier électronique, produisant une mélodie sur le même principe qu’un orgue de barbarie. Malheureusement, on n’entend bientôt que Pierre Bastien, le Belge est complètement effacé, et ayant compris le principe, on commence à se lasser après quelques échanges de pièces du mobile qui ne font que changer la mélodie ou la rythmique. Les meilleurs moments se produiront alors quand le Français se mettra à la trompette, ou à une sorte de kazoo produisant des mélodies moins mécaniques, pleines de charmes et presque enfantines.
En fait, après une demi-heure, Pierre Berthet reprend le dessus, en toute simplicité : des bouteilles découpées, remplies d’eau, des comptes gouttes, et l’eau de tomber sur des plaques métalliques en produisant des tintements réguliers. Chaque compte goutte est réglé sur un tempo différent, produisant des rythmes mélodiques en complément des bruitages mécaniques de Bastien. En guise de bouquet final, l’aspirateur fou de Berthet, souffle inversé, un tuyau en caoutchouc au bout, celui-ci décrit un arc de cercle, devant lequel l’artiste vient placer, barres et tubes métalliques, sac plastique, pour composer une boucle également rythmique et mélodique. L’orgue de Bastien fait une dernière apparition, douce mélodie en guise d’adieu, poétique, puis trompette. Le public est comblé mais en redemande, les deux artistes nous offrent un petit rappel et nous abandonnent avec leurs étranges machines.
Un concert magnifique, alliant expérimentation et esprit pop.

Fabrice ALLARD
le 14/01/2006

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